Religieux kidnappés à Haïti : "Je pensais qu'ils faisaient une fosse commune pour nous jeter dedans", témoigne la sœur Agnès Bordeau

Dix personnes, dont sept religieux, avaient été kidnappées le 11 avril à Croix-des-Bouquets, près de la capitale Port-au-Prince (Haïti), alors qu'elles se rendaient à l'installation d'un nouveau curé. L'une d'elles raconte sur franceinfo ce qu'elle a vécu.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Sœur Agnès Bordeau dans les jardins partagés avec les prêtres de Saint-Jacques, situés à la Fleur Ducheine à Port-au-Prince (Haïti), le 8 mai 2021. (VALERIE BAERISWYL / AFP)

Le 11 avril dernier, dix personnes, dont sept religieux, étaient kidnappées à Haïti, proche de la capitale Port au prince. Ces sept catholiques ont été libérés après 20 jours de captivité, sans violence, mais dans des conditions très précaires. Parmi eux, la sœur française de 81 ans Agnès Bordeau. Elle témoigne pour franceinfo.

"Nous avions quatre gardiens armés avec nous. Nous étions en pleine forêt, les yeux bandés. Le lendemain, c'était les menottes", commence la religieuse, qui habite à Haïti depuis deux ans et demi. "Nous nous disions : 'que va-t-il se passer ?' J'ai même entendu des coups de pioche. Je me suis dit qu'ils faisaient une fosse commune et qu'ils allaient nous jeter dedans."

"C'était une peur que j'avais, mais rien de tout cela ne s'est passé."

Sœur Agnès Bordeau

à franceinfo

Les dix personnes kidnappées ont été détenues dans trois lieux différents, avec à chaque fois des conditions difficiles : "Il y avait certains soirs où c'était vraiment difficile de dormir, dans des conditions très précaires et avec le ventre vide", raconte-t-elle. "J'ai connu l'expérience que connaissent beaucoup de nos frères et sœurs dans le monde, à savoir l'expérience de la faim."

Malgré cette captivité marquante, la sœur de 81 ans ne ressent aujourd'hui aucune haine pour ses ravisseurs : "Les grands chefs, on les voit très peu. Mais à côté de ça, nous avions des jeunes gardiens qui nous ont dit qu'ils n'avaient rien à faire, qu'ils n'avaient pas de travail. Le pays ne fait rien pour les jeunes. C'est lamentable." Aujourd'hui, Agnès Bordeau considère que "c'est du passé, que je garde dans mon cœur. J'espère que ça va m'aider pour le reste de ma vie."

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Amériques

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.