Paris-New York en une heure, ça vous tente ?

L'armée de l'Air américaine vient de procéder à de nouveaux tests sur un engin hypersonique, qui pourrait atteindre 7 300 km/h.

Une illustration du prototype d\'avion hypersonique X-51A-WaveRider, de l\'armée de l\'air américaine.
Une illustration du prototype d'avion hypersonique X-51A-WaveRider, de l'armée de l'air américaine. (US AIRFORCE / AFP)

AMERIQUES - Il est long d'environ huit mètres et a l'apparence d'une fusée dont le nez aurait été aplati. Surnommé le "surfeur" ("waverider" en anglais) car il surfe sur l'onde qu'il dégage, le X-51 a été testé mardi par l'armée de l'air américaine. Accroché sous l'aile d'un bombardier B-52, il a décollé comme prévu de la base aérienne d'Edwards, en Californie (Etats-Unis), à 19 h 50, heure française. 

On saura mercredi 15 août vers 19 heures, heure française s'il a bel et bien été capable de voler à plus de 7 300 km/h (Mach 6), une vitesse qui lui permettrait d'effectuer le trajet Paris-New York en une heure seulement. "Mais même si le test était réussi, on serait encore loin d'un vol commercial avec passagers. (...) Le Pentagone veut d'abord maîtriser la technologie à des fins militaires (drones, missiles longue distance etc)", précise 20 Minutes

"Un tel appareil coûtera très cher en raison de la quantité énorme d'énergie requise pour parvenir à cette vitesse. Mais la perspective de se rendre de Tokyo à Paris en deux heures et demie est très séduisante pour le monde des affaires et les politiques – et je pense que, d'ici à 2050, un avion commercial pourrait se révéler viable", affirme de son côté Peter Robbie, vice-président d'EADS, à la BBC (lien en anglais).

Comment s'est déroulé le vol d'essai ?

Un moteur, d'habitude utilisé sur des missiles, a propulsé le X-51 à Mach 4,5 (plus de 5 000 km/h) pendant 30 secondes avant qu'un statoréacteur ne prenne le relais et l'amène à une altitude de 21 000 mètres, pour tenter d'atteindre une vitesse de Mach 6. L'engin s'est ensuite abîmé dans l'océan, à environ 700 kilomètres de son point de largage, et n'a pas été récupéré. Voici le processus expliqué dans une vidéo (en anglais) :

A ce stade, le X-51, qui a effectué son premier vol d'essai en mai 2010, n'est qu'un "démonstrateur", pas même un prototype. L'objectif est d'améliorer la connaissance en matière de vol hypersonique, c'est-à-dire à une vitesse supérieure à Mach 5 (6 000 km/h). A cette vitesse, la chaleur et la pression rendent les réacteurs conventionnels inutilisables.

La maîtrise du vol hypersonique pourrait fournir un avantage stratégique à celui qui la posséderait. La Darpa, l'agence de recherche du Pentagone, estime qu'elle représenterait un avantage équivalent à celui de l'arrivée des avions furtifs dans l'arsenal américain à la fin des années 1970. Cette technologie pourrait trouver des applications dans les avions de reconnaissance, les frappes à longue portée ou le transport à longue distance et à grande vitesse.