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Obama-Romney, round 1 : ce qui pourrait les faire trébucher

Les deux candidats à la présidentielle américaine débattent cette nuit, pendant 1h30. Quels sont leurs points forts et leurs points faibles, à un mois de l'élection ? Etat des lieux.

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France Télévisions
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Temps de lecture : 3 min.
Le président-candidat démocrate Barack Obama et le candidat républicain Mitt Romney participent au premier débat télé de la présidentielle américaine, le 3 octobre 2012. (REUTERS / SIPA)

PRESIDENTIELLE AMERICAINE - C'est l'heure du premier round. Les candidats à la présidentielle américaine du 6 novembre, Barack Obama et Mitt Romney, s'opposent pour la première fois dans un débat télévisé, dans la soirée du mercredi 3 octobre. Le débat, qui aura lieu à l'université de Denver (Colorado), l'un des swing states – les Etats qui peuvent faire basculer l'élection –, commencera en France jeudi à 3 heures du matin. Vous pourrez le suivre en direct sur FTVi.

Les candidats républicain et démocrate débattent ce soir-là uniquement des questions domestiques, surtout économiques, réparties en six thématiques de quinze minutes. Le modérateur, Jim Lehrer, ouvre chaque segment avec une question ; les candidats ont chacun deux minutes pour répondre, puis le journaliste anime les discussions sur ce même thème. Le public n'intervient pas. Voici les principaux enjeux de ce premier débat. 

Mitt Romney : faire preuve d'audace et de self control

• Points faibles. Le candidat républicain n'a pas profité de la convention de son parti pour créer une dynamique. Il arrive donc à la traîne dans les sondages (47% contre 49% pour Obama, selon le Washington Post). Lui qui a accumulé les bourdes s'est, en outre, pris les pieds dans un gros tapis, en septembre, en critiquant la mentalité de "victime" des électeurs démocrates. Un poids dont il va sans doute devoir se justifier en direct. Sur la forme, donc, attention aux gaffes, qu'il commet volontiers lorsqu'il est pris au dépourvu.

Par ailleurs, cet homme d'affaires millionnaire qui fait campagne sur le redressement économique depuis des mois n'a pas encore développé les mesures précises de son programme, ce que lui reproche le camp démocrate. Il devra par conséquent expliquer clairement aux électeurs comment il compte créer "des emplois, beaucoup d'emplois", comme il l'a promis au mois d'août.

Points forts. Malgré ces quelques lacunes, Romney arrive en pleine crise économique, et son expérience comme homme d'affaires est un argument important face au président sortant. Le candidat a également eu plus de temps pour se préparer au débat qu'Obama, puisqu'il répète intensément depuis juin, tandis que son concurrent a été occupé par les affaires courantes de la Maison Blanche.

La question qui pourrait tuer. Pourquoi demander la suppression du système de santé proposé par Obama, alors que vous avez voté pour dans le Massachusetts ?

Barack Obama : la jouer profil bas et rassurer

• Points faibles. "Le président Obama doit parler de façon plus concise. Il a tendance à parler trop longtemps", analyse Alan Schroeder, auteur d'un livre sur les débats présidentiels. Si les deux hommes, tous deux diplômés en droit de l'université de Harvard, sont de brillants communicants, Barack Obama passe pour fournir parfois des réponses trop académiques. Pas de blabla, donc, en évitant de passer pour un donneur de leçons.

Sur le fond, la grosse épine dans le pied du président-candidat est l'emploi. Même si la décrue est amorcée, le chômage a fortement progressé sous son mandat, et les Etats-Unis comptent plus de 46 millions de pauvres, soit 15% de la population. Avec la crise, le pays se fracture et les solutions apportées ne semblent pas suffisantes, comme le déplore Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, dans un livre récent.

Points forts. L'actuel président américain connaît l'exercice. Il a déjà débattu avec son adversaire républicain John McCain en novembre de la même année. Et son avance dans les sondages le place en position de force. "Pour que ce débat soit utile à Mitt Romney, Barack Obama doit trébucher", résume Leonard Steinhorn, professeur à l'Université américaine de Washington.

La question qui pourrait tuer. Le chômage reste à un niveau très élevé, quatre ans après le début de la crise. Comment vous faire confiance pour les prochaines années ?

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