Nayib Bukele, le candidat "anti-système", remporte la présidence au Salvador

Le sixième président salvadorien depuis la fin de la guerre civile s'est donné pour mission de mettre fin à la violence des gangs criminels et de la misère.

Nayib Bukele remporte la présidentielle au Salvador, à San Salvador, le 4 février 2019.
Nayib Bukele remporte la présidentielle au Salvador, à San Salvador, le 4 février 2019. (RODRIGO SURA/EFE/SIPA)

"Aujourd'hui, nous avons écrit l'histoire." Nayib Bukele, 37 ans, a remporté la présidentielle au Salvador, dimanche 3 février. Dès le premier tour, le candidat désigné "anti-système", a remporté plus de 53% des voix exprimées. 

La victoire du candidat du parti conservateur Grande alliance pour l'unité (Gana) a été reconnue dans la foulée par ses deux principaux adversaires Carlos Calleja, du parti de droite Alliance républicaine nationale (Arena), et Hugo Martinez, du parti Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN, ex-guérilla). Le mandat présidentiel de cinq ans est non renouvelable, et la majorité parlementaire est détenue par le parti de droite Arena, au moins jusqu'aux prochaines élections législatives en 2021.

Un pays gangrené par la violence criminelle

Nayib Bukele devient ainsi le sixième président salvadorien depuis la fin, en 1992, de la guerre civile qui avait ensanglanté ce pays d'Amérique centrale pendant une douzaine d'années. Il s'est donné pour mission de mettre fin à la violence des gangs criminels et à la misère. Avec un taux de 51 homicides pour 100 000 habitants, le Salvador est l'un des pays les plus violents du monde en dehors des zones de guerre.

Cette violence endémique et la misère poussent chaque année des milliers de Salvadoriens à fuir leur pays. Ils ont été ainsi plus de 3 000 à prendre la route vers "le rêve américain", donc vers les Etats-Unis, en octobre et novembre 2018. Environ 30,3% des 6,6 millions de Salvadoriens vivent en dessous du seuil de pauvreté.