Mexique : plus de 160 morts et disparus dans les intempéries

L'Etat du Guerrero, dans le sud du pays, a été particulièrement touché par le passage de deux tempêtes. Un village a été englouti par une coulée de boue.

Un soldat déblaye le terrain, le 19 septembre 2013, dans le village de La Pintada (sud du Mexique). Celui-ci a été emporté par une coulée de boue en raison des tempêtes qui frappent le pays. 
Un soldat déblaye le terrain, le 19 septembre 2013, dans le village de La Pintada (sud du Mexique). Celui-ci a été emporté par une coulée de boue en raison des tempêtes qui frappent le pays.  (TOMAS BRAVO / REUTERS)

Le bilan n'en finit pas de s'alourdir au Mexique. Alors que l'ouragan Manuel a balayé, jeudi 19 septembre, la côte nord-ouest du pays, les autorités ont fait savoir que plus de 160 personnes étaient mortes ou portées disparues. Le pays a été pris en tenaille, en début de semaine, entre Manuel, désormais rétrogradé au rang de tempête, et Ingrid, une autre tempête tropicale qui s'est depuis dissipée.

"A l'heure actuelle, nous comptabilisons 97 décès" sur les côtes orientale et occidentale du Mexique, a déclaré, jeudi, le coordinateur national de la protection civile sur la chaîne de télévision Foro TV. Le même jour, une centaine de secouristes ont commencé les recherches dans le village de La Pintada, dans l'Etat du Guerrero (sud du Mexique), particulièrement touché par le passage des deux tempêtes. Le village a été enseveli par une coulée de boue, faisant 68 disparus. 

La venue des secours retardée de deux jours

"Les gens étaient dans l'église pour prier Dieu de faire cesser la pluie" lorsque le glissement de terrain s'est produit, a raconté Roberto Catalan, un agriculteur de 56 ans. Maisons, écoles, églises ont été avalées par la boue. Mais la nouvelle de la catastrophe n'a été rapportée que deux jours plus tard, après qu'un survivant a réussi à contacter par radio un village voisin.

L'intervention des secours a aussi été retardée de plusieurs heures en raison de craintes que les pluies ne provoquent un nouveau glissement de terrain dans le village. Les troupes sont finalement arrivées sur place à l'issue d'un périple de sept heures alors qu'il faut normalement deux heures pour venir, en voiture, de la municipalité la plus proche. 

Selon le Centre des droits de l'homme de la montagne, une association de l'Etat de Guerrero, "des centaines de communautés indigènes ne peuvent plus communiquer en raison des mauvaises conditions météorologiques". Elle cite plusieurs autres villages de l'Etat du Guerrero où des adultes et des enfants seraient morts en raison des intempéries. A Acapulco, le port touristique de cet Etat, l'évacuation des touristes piégés continue par voie aérienne. Quelque 11 500 touristes, sur les 40 000 bloqués dans la station balnéaire, ont pu être ramenés à Mexico.