Le virus informatique Flame serait l'œuvre des Etats-Unis et d'Israël

WASHINGTON - La cyber-arme aurait été créée par les deux pays pour dérober des informations sur le programme nucléaire iranien, selon le "Washington Post".

Une capture d\'écran publiée par la société de sécurité informatique russe Kaspersky Lab, qui a découvert le virus Flame en mai 2012.
Une capture d'écran publiée par la société de sécurité informatique russe Kaspersky Lab, qui a découvert le virus Flame en mai 2012. (KASPERSKY LAB / AFP)

Une cyber-arme conçue conjointement par les Etats-Unis et Israël. Selon des informations du Washington Post (article en anglais) publiées mardi 19 juin, le virus informatique Flame a été créé par les deux pays pour dérober des informations sur le programme nucléaire iranien. Le quotidien cite "des responsables occidentaux proches du dossier". Washington s'est refusé à tout commentaire sur le sujet et s'est contenté d'affirmer qu'internet faisait partie des domaines d'intérêt de la défense et du renseignement.

La NSA américaine, chargée de l'espionnage informatique, et la CIA auraient travaillé avec l'armée israélienne pour mettre au point ce programme informatique. Selon le Washington Post, Flame a de multiples objectifs : se répandre dans les réseaux informatiques iraniens, copier des fichiers, faire des captures d'écran et renvoyer ces informations discrètement. "Il s'agit de préparer le champ de bataille pour un autre type d'action clandestine", a affirmé au Washington Post un ancien haut responsable américain du renseignement à propos de Flame.

Le virus existait depuis 2008

Les Etats-Unis et Israël ont souvent été soupçonnés d'être à l'origine de Flame et d'un autre virus voisin, Stuxnet, qui s'est attaqué en 2010 aux centrifugeuses du programme nucléaire iranien. Le virus existait depuis quatre ans, mais il n'a été identifié que fin mai par le fabricant russe d'antivirus Kaspersky Lab. Celui-ci avait noté que la sophistication de ce virus utilisé à des fins de "cyberespionnage" était telle qu'il supposait le concours d'un Etat.

Après la révélation de Kaspersky Lab, le ministre israélien des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, avait justifié le recours à de tels virus afin de contrer la menace nucléaire iranienne. Le 11 juin, la société américaine de sécurité informatique Symantec avait affirmé sur son blog que Flame avait reçu l'ordre de disparaître sans laisser de traces.