Le Sénat américain enterre l'interdiction des armes d'assaut

Proposée par Barack Obama après la tuerie de Newtown, la mesure a été abandonnée par les élus démocrates. 

Un homme brandit une arme semi-automatique lors d\'un rendez-vous annuel de la National Rifle Association, le lobby des armes américain, le 14 avril 2012 dans le Missouri.
Un homme brandit une arme semi-automatique lors d'un rendez-vous annuel de la National Rifle Association, le lobby des armes américain, le 14 avril 2012 dans le Missouri. (KAREN BLEIER / AFP)

C'était la mesure phare de Barack Obama après la tuerie de Newtown : interdire les armes d'assaut. Mais, après la décision, mardi 19 mars, des élus démocrates au Sénat d'abandonner ce projet, les fusils semi-automatiques comme celui utilisé par Adam Lanza pour abattre vingt enfants et six adultes resteront en vente libre.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a confirmé que le texte ne disposait pas du soutien nécessaire pour être adopté. La mesure sera donc soumise au vote sous la forme d'un amendement, indépendant de la série de réformes au sein de laquelle elle était incluse, amendement qui devrait être rejeté. Les trois autres mesures, dont la généralisation des vérifications d'identité et d'antécédents judiciaires avant tout achat d'arme, semble plus assurées.

Dianne Feinstein, la sénatrice démocrate à l'origine du texte, a confié sa déception à USA Today (en anglais) : "Vous savez, sur ce sujet, les ennemis sont très puissants, je l'ai su toute ma vie." Pour Alan Gottlieb, créateur de la Fondation pour le deuxième amendement, qui défend le port d'armes, cette capitulation s'explique par un simple calcul électoral. Aux Etats-Unis, 34% des foyers possèdent des armes à feu, selon une étude de l'institut de recherche General Social Survey publiée mi-mars.