INFO FRANCE INTER : les FARC menacent de reprendre les armes en Colombie

Alors que le premier tour de l'élection Présidentielle a lieu  ce dimanche 27 mai en Colombie, l'accord de paix signé il y a deux ans avec les FARC pourrait voler en éclats. Selon une information de France Inter, la guérilla marxiste menace de reprendre les armes.

Le Sergent Miguel Angel Pascuas (de dos) dans le village de Monterredondo dans le Cauca.
Le Sergent Miguel Angel Pascuas (de dos) dans le village de Monterredondo dans le Cauca. (THIBAULT LEFEVRE / RADIOFRANCE)

Le premier tour de l'élection Présidentielle en Colombie, se déroule ce dimanche 27 mai, deux ans après la signature de l'accord de paix avec les FARC. Mais d'après France Inter, le texte pourrait voler en éclats, car la guérilla marxiste menace de reprendre les armes.

Un regard noir et incisif. Un timbre de voix rocailleux et posé. Le Sergent Miguel Angel Pascuas est une légende pour les guérilleros des FARC. Il a passé plus de 50 ans dans la clandestinité, dont plusieurs années de combat aux côtés du commandant en chef de la rébellion, Manuel Marulanda.

Les FARC persécutés

Il y a deux ans, il a participé aux négociations de paix de la Havane. Aujourd'hui, il a troqué son chapeau kaki et son treillis contre une casquette des Los Angeles Lakers et un T-shirt du nouveau parti politique fondé par les FARC. Le Sergent Pascuas vit reclus dans un petit village des Andes colombiennes, entouré par 70 anciens combattants et six gardes du corps.

Le Sergent Pascuas, dernier fondateur encore vivant des FARC.
Le Sergent Pascuas, dernier fondateur encore vivant des FARC. (THIBAULT LEFEVRE / RADIOFRANCE)

"Les paramilitaires d'extrême droite ne se sont jamais arrêtés de tuer des gens, explique-t-il. Ils ont continué à assassiner certains de nos camarades. Beaucoup sont morts. Il faut que ça change, sinon ça va mal finir." Il réclame l'aide du gouvernement.

Si la répression et les menaces continuent, on reprendra les armes pour résister à la persécution, et le gouvernement en portera la responsabilité.Miguel Angel Pascuasà France Inter

Depuis le début de l'année, une vingtaine d'anciens FARC ont été assassinés.
500 autres sont toujours en prison alors qu'un une loi d'amnistie promet "la liberté contre la vérité".

Une paix très fragile

Manuel Alonso a passé cinq années derrière les barreaux et près 30 ans dans le maquis. "J'ai profité de la loi d'amnistie. Une partie d'entre nous sommes sortis. Mais nous avons encore beaucoup de prisonniers et ils doivent être libérés". Certains de ses camarades se sont cousus la bouche. "On nous a laissé à la merci des juges et il y a des juges qui ne veulent pas la paix" affirme-t-il.

Le processus de paix traverse une crise profonde. "Nous avons déposé les armes, mais nous ne les avons pas rendues. On n'abandonne pas 12 000 fusils contre rien. Si on n'applique pas l'accord, c'est impossible de construire la paix !" Une paix que refusent, selon l'armée colombienne, environ 1 200 dissidents des FARC.