Aux Etats-Unis, quelles "preuves d'amour" Hollande a-t-il donné aux entrepreneurs ?

Au troisième jour de sa visite, le président de la République a mené une offensive de charme auprès des entreprises innovantes et des start-up, mais aussi des géants d'internet.

François Hollande étreint Carlos Diaz, leader du mouvement des Pigeons, le 12 février 2014, à San Francisco (Californie).
François Hollande étreint Carlos Diaz, leader du mouvement des Pigeons, le 12 février 2014, à San Francisco (Californie). (ROBERT GALBRAITH / REUTERS)

C'était l'un des objectifs de sa visite d'Etat outre-Atlantique : mener une offensive de charme auprès des entrepreneurs. Le président français, François Hollande, a proclamé, mercredi 12 février à San Francisco (Californie), sa foi dans les entreprises innovantes et les start-up, mais aussi sa disposition à accueillir en France les géants américains d'internet. Comment a-t-il mené cette opération ? En leur donnant des "preuves d'amour", selon les mots de Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'Economie numérique.

Des mesures en faveur des start-up

Face aux dirigeants d'entreprises innovantes, François Hollande a annoncé un nouveau mécanisme fiscal afin de permettre aux start-up de mieux rémunérer leurs salariés via une réforme du régime des attributions gratuites d'actions.

Le président a en outre promis la signature, en mars, d'une ordonnance pour développer les financements participatifs. Elle doit permettre aux particuliers de prêter jusqu'à un million d'euros à des chefs d'entreprise.

Le président a également évoqué la mise en place d'un nouveau "passeport talents" d'une durée de quatre ans renouvelable, qui a pour objectif d'attirer en France entre 5 000 et 10 000 chercheurs ou travailleurs hautement qualifiés. 

Un "hug" au leader du mouvement des Pigeons

Le geste se veut symbolique : une accolade entre le président de la République et le leader des Pigeons, un mouvement de patrons qui s'étaient opposés à la politique fiscale française. "Etes-vous capable aujourd'hui d'embrasser vraiment les entrepreneurs et de leur faire un hug", l'a mis au défi Carlos Diaz, aujourd'hui entrepreneur de la Silicon Valley.

François Hollande s'est alors volontiers exécuté, sous les applaudissements des quelques dizaines de dirigeants de start-up présents.

 

VALERIE ASTRUC / LAURENT DESBOIS - FRANCE 2

 Beau joueur, Carlos Diaz a affirmé avoir "adoré" le discours du chef de l'Etat.

Un déjeuner avec Google et Facebook

Au cours d'un déjeuner dans un restaurant de San Francisco, François Hollande a également rencontré les leaders des géants d'internet : Google, Facebook, Twitter ou la Mozilla Foundation. "Nous n'avons peur de rien, leur a-t-il lancé. Pas peur de mettre nos meilleures entreprises dans la Silicon Valley. Pas peur non plus d'attirer des talents ou des investisseurs étrangers dans notre pays."

Le président a évacué la question qui fâche : les pratiques d'"optimisation fiscale" de certaines de ces entreprises, qu'il avait jugées "pas acceptables" à quelques jours de son départ pour les Etats-Unis. Il a simplement plaidé pour une harmonisation mondiale des pratiques fiscales, à l'occasion du premier voyage d'un président français en Californie depuis trente ans. A l'époque, François Mitterrand avait croisé le chemin de Steve Jobs, le fondateur d'Apple.