Cet article date de plus de cinq ans.

Faut-il avoir peur du virus Zika ?

«On peut s’attendre à trois à quatre millions de cas», a lancé Margaret Chan, la directrice de l’OMS. Le virus Zika serait le nouvel ennemi se répandant comme une traînée de poudre sur la planète. Pourtant, ce virus transmis par un moustique n’a jusqu’alors tué personne. Mais on le soupçonne d’être responsable d’anomalies sur le fœtus.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le 28 janvier 2016, un employé diffuse un insecticide dans un jardin de Caracas afin de lutter contre le moustique aedes porteur du virus Zika. (AFP)

Le virus Zika n’est pas une nouveauté. Il a été découvert en 1947 en Ouganda mais, pendant de nombreuses années, seuls des cas humains sporadiques ont été détectés en Afrique et en Asie du Sud.

La première flambée épidémique attestée est survenue en 2007 dans le Pacifique. Depuis 2013, le virus frappe le Pacifique occidental, mais aussi les Amériques et l’Afrique.
 
La maladie se transmet par la piqûre d’un moustique infecté du genre Aedes, le même type de moustique qui propage la dengue, l’infection à virus Chikungunya, et la fièvre jaune.
 
Le virus Zika se traduit généralement par des symptômes bénins apparaissant quelques jours après la piqûre par le moustique infecté. Trois fois sur quatre, la personne infectée ne s’en rend même pas compte. Les sujets atteints, nous dit l’OMS, présentent «une fièvre légère et une éruption cutanée, parfois accompagnées d’une conjonctivite, de douleurs musculaires et articulaires et de fatigue». Les symptômes disparaissent généralement en 2 à 7 jours.
 
Des risques de malformations congénitales
La Colombie a relevé 13.000 cas de Zika avérés en 2015. Surtout, une centaine de bébés infectés souffraient également de microcéphahie, une taille réduite de la boîte crânienne. Les autorités sanitaires locales du Brésil ont aussi relevé une augmentation du nombre des nouveau-nés atteints de microcéphalie au moment où sévit la maladie à virus Zika.


Mais tout cela relève de supputations. Selon Jean-François Delfraissy, directeur de recherche à l’Inserm, «le lien est hautement probable mais pour l’heure il n’est pas encore prouvé au sens scientifique du terme».
Au Brésil, sur les 270 cas de microcéphalie confirmés par imagerie médicale, seulement 6 présentaient le virus Zika. Car la microcéphalie peut aussi être due à la syphilis, la toxoplasmose, la rubéole, l’herpès, précise l’AFP.

Pourquoi cette inquiétude ? 
La propagation du virus semble très rapide, ce qui inquiète l’OMS. De plus, le moustique tigre qui transmet la maladie est désormais présent en Europe, notamment en France. Six pays ont annoncé des cas sporadiques (Italie, Suisse, Portugal, etc.), mais pour des patients rentrant de voyage dans des zones infectées. Il est conseillé aux femmes enceintes d'éviter dans les régions où l'épidémie est avérée.

La prévention et la lutte s’appuient sur la réduction de la reproduction des moustiques. Ainsi en Amérique du Sud, tous les pays ont lancé de grandes campagnes de fumigation dans les zones urbaines. Mais la meilleure solution pour combattre le moustique est de détruire ses lieux d'habitats en particulier artificiels: eau stagnante dans des vieux pneus et autres récipients.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Amériques

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.