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Explosion d'un oléoduc au Mexique : y a-t-il eu négligence des autorités ?

C'est une des pistes qu'explore la justice mexicaine après le drame qui a fait 89 morts depuis vendredi.

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France Télévisions
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Un oléoduc a explosé près de Tlahuelilpan (Mexique), le 18 janvier 2019. (FRANCISCO VILLEDA / AFP)

"C'est une question fondamentale", a prévenu lundi 21 janvier le procureur chargé de l'enquête Alejandro Gertz. Trois jours plus tôt, l'explosion d'un oléoduc dans le centre du pays a fait 89 morts, selon le dernier bilan. La chronologie des faits présentée par le gouvernement sous-entend que plusieurs responsables ont été négligents pour contenir la catastrophe.

 

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Voilà comment le gouvernement a présenté le déroulé des faits : l'oléoduc a été percé vendredi par des inconnus, qui ont fait jaillir un véritable geyser d'essence. Cette fuite a attiré quelque 700 habitants de Tlahuelilpan - une localité voisine, située à 120 km au nord de Mexico - qui sont venues recueillir de l'essence avec des bidons et ont été surpris par l'explosion qui a déclenché une énorme boule de feu. Là où le bât blesse, c'est que selon le gouvernement, près de quatre heures se sont écoulées entre la détection de la fuite clandestine et la suspension de la distribution de carburant à travers l'oléoduc.

L'attitude des soldats en cause

Autre élément embarassant : la présence de 25 soldats qui sont rapidement arrivés sur les lieux, mais ne sont pas intervenus pour empêcher les gens de se servir, autrement qu'en leur indiquant les risques qu'ils prenaient. Le président mexican Andres Manuel Obrador a défendu ses troupes : "Je soutiens totalement le comportement de l’armée. Beaucoup de gens disent que les soldats auraient dû réprimer les gens, mais non, on n'éteint pas un feu avec plus de braises, il faut des solutions de fond."

Le président lui-même est en cause. Son plan pour lutter contre les siphonnages d'oléoducs, un fléau qui a fait perdre 3 milliards d'euros au pays l'an dernier, a entraîné la fermeture de plusieurs pipelines, causant une pénurie de carburant, relève RFI.

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