Equateur : des milliers de personnes manifestent, le ministre de la Défense et l'armée les accusent de mettre la démocratie "en grave danger"

Des milliers d'indigènes ont entamé lundi une marche pacifique contre la hausse des prix du carburant. Ils dénoncent aussi le manque d'emplois et l'octroi de concessions minières dans les territoires autochtones.

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Des manifestants à Quito (Equateur), le 21 juin 2022. (VERONICA LOMBEIDA / AFP)

Le dialogue est au point mort. En Equateur, au neuvième jour de mobilisation des indigènes contre la hausse des prix du carburant, le ministre de la Défense, Luis Lara, a accusé, mardi 21 juin, les manifestants de représenter un "grave danger" pour la démocratie. La puissante Confédération des nationalités indigènes d'Equateur (Conaie) organise depuis le 13 juin des marches et barricades pour exiger une baisse des prix du carburant.

"La démocratie en Equateur est en grave danger face à l'action concertée de personnes exaltées qui empêchent la libre-circulation de la majorité des Equatoriens", a déclaré Luis Lara, lors d'une déclaration aux côtés des représentants de l'armée. "Les forces armées ne permettront pas les tentatives de briser l'ordre constitutionnel ou toute action contre la démocratie et les lois de la République", a ajouté le ministre, qui s'exprimait au ministère de la Défense, à Quito.

Prix du carburant et manque d'emplois

Des milliers d'indigènes ont entamé lundi une marche pacifique vers le centre de la capitale, depuis Cutuglagua, l'une des deux entrées sud. Plusieurs centaines de personnes sont également arrivées par le Nord. Outre le prix du carburant, les manifestants dénoncent le manque d'emplois et l'octroi de concessions minières dans les territoires autochtones. Ils réclament un contrôle des prix des produits agricoles et une renégociation des dettes des paysans auprès des banques.

Au Parlement, les députés ont approuvé lundi soir par 81 voix sur 137 une résolution qui exige une proposition gouvernementale de dialogue "sérieuse, claire et honnête" et réclame une table ronde incluant l'ONU, la Croix-Rouge, les universités et l'Eglise catholique pour chercher des solutions à la crise. Le parti indigène Pachakutik, bras politique de la Conaie, est la deuxième force au Parlement. Les peuples indigènes rassemblent au moins un million des 17,7 millions d'Equatoriens.

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