"El Chapo" a-t-il versé 100 millions de dollars à l'ex-président mexicain ?

Pour la première fois depuis le début du procès du narcotrafiquant mexicain, un témoin implique directement Enrique Pena Nieto.

L\'avocat de la défense Jeffrey Lichtman interroge Alex Cifuentes, narcotrafiquant colombien et ancien bras droit du narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, alias \"El Chapo\" au procès de ce dernier, le 15 janvier 2019 à New York (Eatts-Unis)
L'avocat de la défense Jeffrey Lichtman interroge Alex Cifuentes, narcotrafiquant colombien et ancien bras droit du narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, alias "El Chapo" au procès de ce dernier, le 15 janvier 2019 à New York (Eatts-Unis) (JANE ROSENBURG / REUTERS)

Coup de tonnerre au procès d'"El Chapo". Alex Cifuentes, un narcotrafiquant colombien, ancien bras droit du narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, a témoigné devant un tribunal à New York que son patron avait versé à l'ex-président mexicain, Enrique Pena Nieto, des pots-de-vin pour un montant total de 100 millions de dollars. C'est la première fois depuis le début du procès en novembre qu'un témoin implique directement l'ancien chef de l'Etat mexicain. 

"M. Guzman a-t-il payé un pot-de-vin de 100 millions de dollars au président Pena Nieto ?", a demandé au témoin l'avocat de la défense. "C'est cela", a répondu ce dernier, cité par plusieurs journalistes présents à l'audience, même s'il a dit ensuite ne pas être sûr du montant exact. Par ces pots-de-vins, "le message était que Guzman n'avait pas besoin de rester caché ?", a relancé l'avocat. Le témoin a une nouvelle fois répondu par l'affirmative, précisant que c'était ce que lui avait dit "El Chapo".

Le narcotrafiquant colombien a ainsi confirmé publiquement un témoignage recueilli en janvier 2016 par les enquêteurs américains, auxquels il avait alors parlé de ces pots-de-vin. L'ex-chef de cabinet de l'ex-président mexicain a immédiatement démenti ces affirmations, les qualifiant sur Twitter de "fausses, diffamatoires et absurdes". Il a aussi rappelé que c'était sous le gouvernement de d'Enrique Pena Nieto, au pouvoir de 2012 à 2018, qu'avait été "localisé, arrêté et extradé Joaquin Guzman".