Cristina Kirchner, veuve de... et redoutable politique

Investie pour un second mandat le 10 décembre 2011, la présidente argentine est une pasionaria au caractère bien trempé. Mais qui est Cristina Fernandez de Kirchner, qui porte toujours le deuil de feu son prédécesseur Nestor Kirchner ?

La Reina Cristina, comme la surnomment volontiers les Argentins, a pris la tête de l'Etat en 2007 dans les pas de son mari (président du 25 mai 2003 au 10 décembre 2007, mort d’une attaque le 27 octobre 2010), fidèle à ses valeurs de centre gauche héritées du péronisme.

Tout prédestinait cette belle femme de 58 ans, au look fashion, travaillé jusqu’aux ongles manucurés, crinière auburn au vent, marques de luxe en bandoulière et stilettos aux pieds, à occuper de hautes fonctions : son ascension ayant suivi celle de son mari, Nestor, avec lequel elle gouvernait la présidence en tandem du temps de son vivant, selon les analystes et ses détracteurs.

Une histoire commune depuis le milieu des années 70
La jeune fille de La Plata, ville universitaire de la province de Buenos Aires, avait 20 ans lors de leur rencontre. Issue de la classe moyenne. "Lui", des couches populaires. Un coup de foudre et un mariage six mois plus tard, en mars 1975, scellaient leur histoire commencée sous des auspices politiques dans les Jeunesses péronistes, et mise entre parenthèses durant la dictature (1976-1983).

Avant de devenir première dame d'Argentine en 2003 puis présidente en 2007, sous l’étiquette du Front pour la victoire, Cristina Kirchner s'était forgé un destin en faisant carrière d'abord dans le sud du pays. Avocate depuis ses années d'exil patagonien après le coup d’Etat militaire, elle avait peaufiné ses talents d'oratrice à l’Assemblée de Santa Cruz (1989 et 1993), à l’Assemblée fédérale (1997) puis sur les bancs du Sénat (2001 et 2005).


Cristina Kirchner officiellement investie pour un second mandat

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Un animal politique
Aujourd'hui, Madame la Présidente possède une solide expérience législative. Solitaire, elle garde ses distances avec les membres de son gouvernement. Cassante ? On le dit. Elle traite régulièrement "d’ânes" ceux qui osent la critiquer. Cash, elle l'est. Fin décembre, elle n’a pas pris de gants pour qualifier publiquement de "minet de Puerto Madero (quartier huppé branché de Buenos Aires)" Amado Boudou, son vice-président, intérimaire durant sa convalescence post-opératoire, du 4 au 24 janvier 2012.

Politiquement, elle est portée par la croissance économique et le soutien compassionnel des Argentins qui lui vouent un grand respect après le choc de la disparition de Nestor Kirchner. Elle se réfère à "Lui" dans chacun de ses discours. Lui qui avait connu avant son arrivée au pouvoir, la pire crise économique de son pays (entre 1998 et 2002) avec une monnaie dévaluée de 75% par rapport au dollar, la cessation de paiement de la dette publique et un taux de chômage avoisinant les 17%.

A l’inverse de son époux, dépeint comme intuitif, elle est très rationnelle. Là où il imposait ses décisions en se fondant sur son pouvoir, Cristina Kirchner se justifie. Si son côté "maîtresse d’école", selon ses détracteurs, énerve parfois, sa politique sociale, économique et de défense des droits de l'Homme, lui ont fait monter sa cote de popularité, notamment auprès de la jeunesse et des classes populaires.

S'il faut une ombre au tableau, il y en a une : l'enrichissement personnel du couple entre 2003 et 2010. Ils ont déclaré une hausse de leurs revenus de plus de... 900% !

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