Chili : le gouvernement met plus de cinq milliards de dollars sur la table pour tenter de répondre à la crise sociale

Le plan prévoit une augmentation des dépenses publiques d'environ trois milliards de dollars et une aide financière de près de deux milliards de dollars aux PME.

Des manifestants chiliens, le 30 octobre 2019, à Santiago, au Chili.
Des manifestants chiliens, le 30 octobre 2019, à Santiago, au Chili. (EDGARD GARRIDO / REUTERS)

Le gouvernement chilien sort le chéquier. Le pouvoir a mis sur la table 5,5 milliards de dollars (près de 5 milliards d'euros), lundi 2 décembre, pour tenter de résoudre la crise sociale sans précédent qui agite le pays. Le ministre des Finances Ignacio Briones a annoncé ce plan de soutien à l'économie, avec au programme une augmentation des dépenses publiques en 2020 de quelque trois milliards de dollars.

Les mesures retenues par le gouvernement prévoient aussi une aide financière de 1,9 milliard de dollars aux PME (petites et moyennes entreprises) et 525 millions de dollars de mesures diverses, comme la reconstruction du métro de la capitale Santiago. Le plan gouvernemental devrait permettre de créer 100 000 emplois supplémentaires, selon le ministre, et entraîner une augmentation de 9,8% des dépenses publiques en 2020, par rapport à 2019. Le déficit budgétaire, quant à lui, pourrait atteindre 4,4% du PIB.

Repli de l'activité économique

Depuis le 18 octobre, date à laquelle le mouvement de protestation a éclaté, l'activité économique s'est effondrée au Chili et des questions subsistent concernant le financement de ce plan. "Comme n'importe quel foyer chilien face à une situation difficile et imprévue, nous aurons recours à notre épargne et à notre capacité d'emprunt, en sachant que ces deux éléments ont des limites à ne pas dépasser", a répondu Ignacio Briones, en soulignant que ces mesures étaient rendues possibles par "les années de responsabilité budgétaires de tous les gouvernements" précédents.

Les besoins de financement pour l'année prochaine sont estimés à 16,6 milliards de dollars, financés par une émission de dette à hauteur de neuf milliards. L'annonce gouvernementale est intervenue le jour où la Banque centrale chilienne annonçait un fort repli de 3,4% de l'activité économique du pays, pire performance depuis 2009 (moins 3,5%), au plus fort de la crise financière internationale.

La crise sociale s'est déclenchée en octobre avec des manifestations d'étudiants contre une hausse du prix du ticket de métro, qui se sont ensuite muées en une révolte sociale d'ampleur, la plus grave depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Les Chiliens protestent contre les inégalités qui règnent dans un pays à l'économie prospère et où l'Etat est selon eux défaillant dans les domaines de l'éducation, de la santé et des retraites.