Etats-Unis : l'ex-informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning renvoyée en prison

"Je vous déclare coupable d'entrave à la bonne marche de la justice", a déclaré le juge fédéral qui l'a écrouée dans le cadre d'une enquête sur WikiLeaks.

Chelsea Manning s\'exprime lors d\'une conférence à Austin (Texas), le 13 mars 2018.
Chelsea Manning s'exprime lors d'une conférence à Austin (Texas), le 13 mars 2018. (SUZANNE CORDEIRO / REUTERS)

Retour en prison pour Chelsea Manning. L'ex-analyste du renseignement américain, qui avait fait fuiter des milliers de documents classés secret-défense en 2010, a été placée en détention, vendredi 8 mars, en raison de son refus de témoigner devant un grand jury dans une enquête sur WikiLeaks.

"Je vous déclare coupable d'entrave à la bonne marche de la justice", a déclaré le juge fédéral qui l'a écrouée. Chelsea Manning affirme bénéficier d'un droit constitutionnel à ne pas être interrogée par ce grand jury, dont elle dénonce par ailleurs l'opacité des actes de procédure. Elle s'est pourtant vu proposer une immunité dans le cadre de ces investigations. Chelsea Manning restera écrouée tant qu'elle ne reviendra pas sur sa décision ou jusqu'à ce que le grand jury soit dissous, selon le juge.

Libérée en 2017

Il y a neuf ans, le soldat Manning, alors prénommé Bradley, avait fait fuiter, grâce à WikiLeaks, plus de 700 000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, dont plus de 250 000 câbles diplomatiques qui avaient plongé les Etats-Unis dans l'embarras.

Condamnée à 35 ans de prison pour ces faits, l'ex-analyste du renseignement en a purgé sept, ayant bénéficié en 2017 d'une commutation de peine octroyée par l'ancien président Barack Obama. Lors de sa détention, elle avait entamé sa transition vers son identité de femme.