Bolivie : le président Evo Morales dénonce un coup d'Etat "en cours"

Dix-sept jours après le début des manifestations contre la réélection d'Evo Morales, au moins trois unités de police ont rejoint les manifestants, vendredi.

Des policiers opposés à la réélection d\'Evo Morales lèvent un drapeau bolivien à Cochabamba, le 8 novembre 2019.
Des policiers opposés à la réélection d'Evo Morales lèvent un drapeau bolivien à Cochabamba, le 8 novembre 2019. (AP/SIPA)

"Sœurs et frères, notre démocratie est en danger". Le président bolivien, Evo Morales, a affirmé vendredi 8 novembre qu'un coup d'Etat était "en cours" après les mutineries d'au moins trois compagnies de police. "Nous dénonçons devant la communauté internationale cette attaque contre l'Etat de droit", a indiqué sur Twitter le chef d'Etat. Le ministre de la Défense a assuré qu'il n'était pas question pour l'heure d'une intervention militaire contre les policiers rebelles.

Dix-sept jours après le début des manifestations contre la réélection contestée d'Evo Morales, au moins trois unités de police ont rejoint les rangs des manifestants, dans la ville de Cochabamba, puis à Sucre et à Santa Cruz, une région riche située à l'est du pays et bastion d'opposition. Des scènes de fraternisation entre policiers et manifestants de l'opposition ont été observées dans la capitale.

"Les gens sont avec vous"

En plus des mutineries dans ces trois villes, des dizaines de policiers ont défilé vendredi soir avec des manifestants de l'opposition criant des slogans hostiles à Evo Morales sur l'avenue Prado, la principale artère de La Paz. Des images diffusées en direct à la télévision ont montré une vingtaine d'agents grimpant au sommet du bâtiment du quartier général de la police en agitant le drapeau bolivien, tandis que des dizaines de jeunes opposants les encourageaient depuis la rue. Dans La Paz, les policiers se sont retirés dans leurs casernes et une foule chantait : "Amis policiers, les gens sont avec vous".

Evo Morales, 60 ans, est au pouvoir depuis 2006. Il a été réélu le 20 octobre pour un quatrième mandat jusqu'en 2025 mais l'opposition dénonce une fraude. Le président bolivien a obtenu 47,08% des voix, contre 36,51% pour le centriste Carlos Mesa, selon des résultats officiels très contestés. L'avance de plus de dix points sur son principal rival lui permet en effet d'être automatiquement réélu dès le premier tour. La vague de contestation qui a éclaté dès le lendemain du scrutin a fait trois morts et deux cents blessés.