85 milliards de dollars de coupes budgétaires automatiques aux Etats-Unis

Des mesures d'austérité automatiques ont frappé le pays, faute d'accord entre démocrates et républicains. La prochaine échéance de l'affrontement budgétaire est fixée au 27 mars.

Barack Obama, le 1er mars 2013 à Washington (Etats-Unis).
Barack Obama, le 1er mars 2013 à Washington (Etats-Unis). (KEVIN LAMARQUE / REUTERS)

Quelques mois après l'épisode du mur budgétaire, les Etats-Unis ne sont toujours pas sortis de la crise budgétaire. Faute d'accord entre républicains et démocrates, d'importantes coupes dans le budget de l'Etat vont entrer en vigueur samedi 2 mars, à hauteur de 85 milliards de dollars (65 milliards d'euros) jusqu'à la fin 2013.

"Je ne suis pas un dictateur. Je suis un président", a déclaré le président Barack Obama, confiant son impuissance à régler la situation. Francetv info fait le point sur cet énième crise politique. 

Ce qui bloque les négociations

Depuis 2011 et la prise de contrôle par les républicains d'une partie du pouvoir législatif, Barack Obama et ses adversaires se sont affrontés sur la façon de rééquilibrer les comptes publics, alors que l'endettement s'élève à plus de 16 000 milliards de dollars (12 000 milliards d'euros). Les démocrates estiment qu'il faut augmenter les recettes fiscales, avec une hausse d'impôts sur les plus hauts revenus. Les républicains plaident pour une réduction des dépenses.

Faute d'accord de fond, les deux parties ont trouvé des solutions temporaires, dont l'idée de mettre en place des coupes automatiques dans les dépenses censées être suffisamment douloureuses pour inciter à négocier une solution. Une idée qui ne fonctionne manifestement pas. "Je devrais essayer d'appliquer la méthode mentale des Jedi sur ces gens pour les convaincre", a même ironisé Barack Obama

Quelles conséquences pour les Américains ?

A partir de samedi, le budget de l'Etat fédéral a été automatiquement amputé de 85 milliards de dollars (65 milliards d'euros) comptant pour les sept derniers mois de l'année budgétaire. Cette coupe correspond à 8% pour la Défense et 5% pour les autres postes. Concrêtement, elle entraînera la mise au chômage partiel de fonctionnaires et de dérèglements des services publics.

Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé à 0,5 point de pourcentage l'effet négatif, à terme, de cette rigueur sur une croissance déjà convalescente. Le président américain juge lui que ces coupes "superflues" allaient "affaiblir notre économie, coûter des emplois""Ce ne sera pas l'apocalypse comme certains l'ont dit (...) mais cela aura un impact sur les gens", a-t-il regretté.

Un impact qui inquiète déjà le Pentagone."Que ce soit clair, cette incertitude menace notre capacité à remplir efficacement l'ensemble de nos missions", a déclaré le nouveau secrétaire à la Défense, Chuck Hagel. "La Marine va peu à peu clouer au sol plusieurs centaines de ses avions à partir du mois d'avril, l'armée de l'Air tailler dans les heures de vol, l'armée de Terre réduire l'entraînement pour les unités qui ne s'apprêtent pas à être déployées en Afghanistan".

Nouvelle échéance le 27 mars

Tandis que l'Etat devra composer avec ces coupes dans un effet "boule de neige" qui accroîtra peu à peu la pression sur les élus, une autre échéance émerge déjà, augurant d'un mois de mars particulièrement agité à Washington. Après le 27 mars, le gouvernement fédéral cessera purement et simplement d'être financé, fermetures de services publics à la clé, sauf si le Congrès vote -et si Barack Obama promulgue- une loi budgétaire couvrant les six derniers mois de l'exercice 2013, jusqu'à fin septembre.

Le président républicain de la Chambre, a indiqué que son groupe déposerait la semaine prochaine un tel texte de financement. De son côté, le chef de l'Etat américain ne s'est pas formellement engagé à le promulguer, mais a laissé entendre qu'il le ferait si le texte respectait de "précédents engagements", c'est-à-dire les grandes lignes de l'évolution des comptes publics sur lesquelles les deux camps se sont mis d'accord à l'été 2011.