Incendies en Amazonie : le gouvernement français "fait des non-sens", estime le vice-président du Grand conseil coutumier des peuples amérindiens

Dans une tribune publiée sur franceinfo, le Grand conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé dénonce l'hypocrisie des gouvernements brésilien et français.

Une partie de la forêt brûlée, près de Boca do Acre au Brésil, le 24 août 2019.
Une partie de la forêt brûlée, près de Boca do Acre au Brésil, le 24 août 2019. (LULA SAMPAIO / AFP)

"Le gouvernement français déplore la destruction de l'Amazonie brésilienne, mais parallèlement octroie des permis d'exploration aux multinationales minières en Amazonie française", dénonce dimanche 25 août sur franceinfo Christophe Pierre, vice-président du Grand conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé, après les incendies qui ravagent la forêt amazonienne. L'instance, qui représente et de défend les intérêts des peuples autochtones, a publié sur franceinfo une tribune dénonçant "l'œuvre du capitalisme" et l'hypocrisie des gouvernements brésilien et français.

"En Guyane, ce sont plus de 360 000 hectares qui ont été cédés aux multinationales minières. C'est énorme. C'est la moitié de la surface de forêt qui a brûlé en Bolivie, compare Christophe Pierre, on dénonce le fait de vouloir donner des leçons à l'international, alors que sur le territoire guyanais français, ce gouvernement fait des non-sens, des choses qui ne vont pas dans le sens de la préservation de la biodiversité et de l'Amazonie."

La reconnaissance des droits des peuples autochtones

Les peuples autochtones réclament également d'être partie prenante des mesures décidées pour préserver la forêt, notamment un éventuel fonds international pour lutter contre les incendies et pour la reforestation. "Il n'est jamais indiqué, à aucun moment, que les peuples autochtones ont toujours su préserver leur milieu, à travers leur mode de vie. C'est un savoir-faire précieux aujourd'hui", estime le vice-président du Grand conseil coutumier, "La priorité, c'est aussi de reconnaître les droits des peuples autochtones et leur rapport à la terre. C'est un élément fondamental du combat contre la crise climatique".

"Pour nous, la forêt, ce n'est pas seulement un ensemble d'arbres, d'animaux et d'êtres. C'est notre maison, c'est le territoire qui nous a tout donné, de notre identité jusqu'à quasiment la nourriture quotidienne. Voir la forêt brûler, c'est voir brûler tout cela", rappelle Christophe Pierre.