Déforestation en Amazonie : et la forêt française, elle va comment ?

Alors que le président brésilien Bolsonaro conseille au G7 de garder son argent pour la reforestation de l’Europe, on s’intéresse à la forêt française qui se porte plutôt bien. 

Fôret de Saint-Bonnet-Tronçais en Auvergne-Rhône-Alpes (le 25 octobre 2018).
Fôret de Saint-Bonnet-Tronçais en Auvergne-Rhône-Alpes (le 25 octobre 2018). (Thierry Zoccolan / AFP)
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La forêt en France est incontournable puisqu’elle couvre 30% du territoire métropolitain, soit 17 millions d'hectares. En Europe, seuls deux pays sont plus boisés, la Suède et la Finlande. D'après l'Office national des forêts (ONF), il existe dans l'hexagone 138 essences d'arbres, ce qui représente les trois quarts des essences présentes en Europe.

Une forêt qui grandit depuis 170 ans

On pourrait penser que la forêt recule face à l'urbanisation moderne et l'agriculture. Il n’en est rien. Sa superficie a doublé depuis 1850. En France, la déforestation remonte au Moyen-Âge pour aboutir à un point bas à la révolution avec seulement 16% du territoire couvert par la forêt.

Mais au milieu du XIXe siècle, sous Napoléon III, c'est le top départ de la reforestation. La forêt des Landes par exemple a été plantée de pins pour assécher les marais et fixer les dunes de sable. Sur une période plus récente, la forêt française a gagné 20% de surface depuis 1985, selon les chiffres de l'ONF. Chaque année, 70 millions d'arbres sont plantés en France. 

Rôle écologique et économique

La forêt est importante pour plusieurs raisons. En dehors de la photosynthèse (absorbions du gaz carbonique et rejet d’oxygène), la forêt est utile pour abriter la biodiversité, pour lutter contre l'érosion du littoral, notamment sur la façade atlantique. La forêt de montagne joue elle un rôle important pour prévenir les avalanches, les chutes de pierres, les glissements de terrain, la protection des sols. 

Sur le plan économique, la forêt française contribue à la richesse du pays. Le bois, on le coupe pour l'utiliser dans de très nombreux secteurs. La filière forêt-bois génère environ 440 000 emplois directs ou indirects pour un chiffre d’affaires de 60 milliards d'euros, selon l’ONF.

L’Amazonie est aussi française

La France compte aussi une énorme forêt en dehors de la métropole. En Guyane, la forêt amazonienne compte 7,5 millions d'hectares, à mettre en parallèle avec les 17 millions de la forêt métropolitaine. La diversité biologique de la forêt guyanaise est sans commune mesure avec celle de l’hexagone : on y trouve 10 000 espèces végétales, dont 1 000 essences d'arbres.

Des menaces malgré tout

Ce tableau plutôt encourageant est toutefois noirci par certaines pratiques industrielles et une maladie qui attaque les arbres français. Des associations dénoncent la monoculture du sapin Douglas, venu d’Amérique à l’origine. Cet arbre a l’avantage de pousser rapidement, et de pouvoir par conséquent être plus vite coupé, pour faire un beau sapin de Noël. C’est particulièrement visible dans les Landes, le Morvan ou le Limousin. Cette industrialisation des forêts de Douglas est critiquée car elle se fait au détriment des feuillus et a pour conséquence d’acidifier les sols.

Une autre menace porte le nom de scolytes, des coléoptères qui creusent des galeries sous l'écorce des épicéas et empêche la sève de circuler. En 2018,
1,2 million de m3 ont été touchés en France, un volume qui pourrait tripler en 2019. Ce fléau frappe particulièrement les forêts des Vosges, qui souffrent déjà de la sécheresse et du réchauffement climatique.