Brésil : déforestation record en avril en Amazonie

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, s'est engagé à éliminer d'ici à 2030 la déforestation illégale. Une promesse qui semble bien mal engagée.

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Une vue aérienne de la forêt amazonienne en feu, au sud de Novo Progresso, dans l'Etat de Para au Brésil, le 16 août 2020. (CARL DE SOUZA / AFP)

Des chiffres qui ne cessent d'augmenter. Près de 580 km2 de forêt ont été déboisés en Amazonie brésilienne en avril, un record pour ce mois, selon des données officielles publiées vendredi 7 mai qui jettent le doute sur l'engagement du président Jair Bolsonaro à réduire la déforestation.

La superficie déboisée, de 550,55 km2, est 42,5 % supérieure à celle d'avril 2020, qui se chiffrai à 407,2 km2, selon l'Institut national de recherches spatiales (INPE) qui recueille ce type de données depuis 2015. La déforestation en mars 2021 avait déjà connu un niveau supérieur à celui de la même période en 2020, après deux mois de recul qui correspondent à la saison des pluies et à une activité de l'industrie du bois réduite.

Promesses d'éliminer la déforestation illégale

"Il n'est pas encore possible de prédire ce qu'il va se passer, mais en 2021 il pourrait y avoir une quatrième hausse consécutive de la déforestation", a mis en garde l'Observatoire du climat, un réseau d'une soixantaine d'ONG et d'associations.

Le président brésilien, un climatosceptique notoire, a encouragé depuis sa prise de fonction en 2019 l'exploitation commerciale de la plus grande forêt tropicale du monde. En avril, lors du sommet virtuel sur le climat organisé par le président américain Joe Biden en avril, le dirigeant d'extrême droite s'est toutefois engagé à "éliminer la déforestation illégale au Brésil d'ici 2030".

Ce discours, nettement plus conciliant qu'à l'accoutumée, avait cependant été accueilli avec scepticisme par les écologistes. "En 2021, il n'y a aucun effort fédéral de contrôle de la déforestation [...]et le processus de répression des crimes environnementaux a été paralysé par le ministre" de l'Environnement, Ricardo Salles, estime l'Observatoire du climat.

Rejet de carbone

La pression sur le Brésil s'est accrue dernièrement avec la menace d'une quarantaine de distributeurs, entreprises et fédérations, essentiellement européennes, de boycotter les produits agricoles brésiliens si le pays ne retire pas un projet de réforme agraire qui risque d'accélérer, selon eux, la déforestation de l'Amazonie.

Selon une étude publiée jeudi dans Nature Climate Change, la forêt amazonienne brésilienne, victime du changement climatique et des activités humaines, a rejeté ces dix dernières années plus de carbone qu'elle n'en a absorbé, un basculement majeur et inédit.

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