A côté de cette mamie du Kentucky, nous sommes tous ringards

Baddie Winkle, 86 ans, a suivi les conseils de son arrière petite-fille. Twerk, slogans provocateurs, look d'ado et tweets provocateurs : voici l'Américaine avec qui vous aimeriez jouer au bingo. 

Baddie Winkle profite de la vie, mercredi 30 avril 2014, à Williamstown, dans le Kentucky, aux Etats-Unis.
Baddie Winkle profite de la vie, mercredi 30 avril 2014, à Williamstown, dans le Kentucky, aux Etats-Unis. (@BADDIEWINKLE / TWITTER.COM)

Comme Rihanna et Miley Cyrus, elle se plaît à se vêtir léger, revendique le droit de twerker et préfère la marijuana à la tisane. Sauf que Baddie Winkle a 86 ans. En un mois, la mamie américaine affiche plus de 220 000 "followers" sur Twitter et plus de 63 000 abonnés à son compte Instagram. A coup de photos décalées, elle a attiré l'attention des médias, mais aussi la suspicion.

Baddie Winkle, la mamie qui twerke, est-elle trop cool pour être vraie ? s'interrogent les internautes depuis lundi 28 avril.

Une chose est sûre, elle a de l'attitude  

A en croire sa présentation sur Twitter, Baddie "vole votre mec depuis 1928". Avec ses poses délirantes, ses "selfies" et son port élégant du T-shirt "Tie and dye", la vieille dame suit au pied de la lettre les codes et les usages des ados connectés. 

En maillot de bain ou en mini-short, elle expose un corps quasi-nonagénaire. Pas franchement la routine sur internet. 

Depuis le Kentucky où elle réside, la mamie cool (et parfaitement farfelue) demande aussi à ses fans de militer pour obtenir le droit de poser son "booty" (popotin, en VF), telle une star, sur le canapé d'Ellen DeGeneres, hôte de l'un des talk-shows télévisés les plus populaires du pays. A défaut de convaincre l'animatrice (ou de vraiment voler le mec de quiconque), Baddie Winkle croule sous les propositions indécentes de petits-enfants en quête d'une mémé déjantée : "dis @baddiewinkle voudrais-tu être ma grand-mère ?" 

Et une ado comme coach 

Plus encore que les poses provocatrices de la vieille dame, sa maîtrise de l'argot des plus jeunes garantit l'effet comique de ses tweets de "badass" (dure à cuire), selon Jezebel (article en anglais). "Prions pour les 'basic bitches'", tweete-t-elle ainsi régulièrement, utilisant un concept que même le trentenaire moyen ne saisit pas (et qui désigne "une fille sans grande personnalité", mais vous le saviez, n'est-ce pas ?).

Car "basic", non, elle ne l'est pas. En revanche, elle bénéficie des conseils avisés de l'une de ses sept arrière-petits-enfants. La jeune fille (la voix que l'on entend crier "twerk" dans cette vidéo, suggère The DailyDot.com – en anglais –) propose d'ailleurs, pour une vingtaine de dollars, d'acquérir la panoplie psychédélique de son arrière-grand-mère : mini-short ou T-shirt "Baddie Winkle". 

Exploitée, la mamie ? Accusée par des internautes de ne pas gérer elle-même ses profils sur les réseaux sociaux, elle leur répond dans une vidéo publiée sur le site Vine. S'adressant tantôt aux "haterz", tantôt aux "basics", bref, à ceux "qui pensent que je ne suis pas derrière mon compte Twitter : au revoir", snobe-t-elle.

A un ami de son petit-fils, qui lui consacre un article sur le site Pop Wrapped, elle s'enthousiasme face à cette nouvelle, et vraisemblablement éphémère, gloire : "C'est fascinant et excitant. Jamais on ne m'avait prêté une telle attention dans le passé. C'est juste amusant", explique-t-elle. Comme quoi, ados connectés et troisième âge disjoncté font parfois bon ménage. En 2012 déjà, un papy chinois avait démontré, en posant vêtu des robes dessinées par sa styliste de petite-fille, que les seniors avaient toute leur place en ligne.