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Agathe Habyarimana, arrêtée mardi dans l'Essonne, a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire

La veuve du président rwandais Juvénal Habyarimana, assassiné en 1994, était sous le coup d'un mandat d'arrêt international lancé par Kigali, qui l'accuse d'être impliquée dans le génocide.Elle sera présentée dans un délai de dix jours la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris se prononcera sur la demande d'extradition de Kigali.
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Agathe Habyarimana, la femme du président rwandais Juvénal Habyarimana, tué en 1994 (F2)

La veuve du président rwandais Juvénal Habyarimana, assassiné en 1994, était sous le coup d'un mandat d'arrêt international lancé par Kigali, qui l'accuse d'être impliquée dans le génocide.

Elle sera présentée dans un délai de dix jours la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris se prononcera sur la demande d'extradition de Kigali.

L'arrestation d'Agathe Habyarimana est intervenue cinq jours après la visite de Nicolas Sarkozy à Kigali, lors de laquelle avec son homologue rwandais, Paul Kagame, les deux pays ont scellé leur réconciliation après trois ans de brouille.

Nicolas Sarkozy a reconnu que la France avait commis de "graves erreurs d'appréciation" lors du génocide de 1994, sans aller cependant jusqu'à présenter des excuses officielles.

Agathe Kanziga, veuve Habyarimana, a été interpellée peu avant 8h mardi sur la base d'un mandat d'arrêt international émis par les autorités rwandaises en octobre 2009, selon des sources proches du dossier. Son avocat, Philippe Meilhac, a estiomé que son arrestation était liée à la visite de Nicolas Sarkozy à Kigali.

Evacuée dès les premiers jours du génocide vers la France par des militaires français, puis installée en France à partir de 1998, Agathe Habyarimana est souvent présentée comme membre de l'"akazu", le premier cercle du pouvoir qui a fomenté le génocide, ce qu'elle nie.

L'attentat contre l'avion transportant son époux le 6 avril 1994 est considéré comme le signal déclencheur du génocide, qui fit environ 800.000 morts, essentiellement tutsis selon l'ONU. Agathe Habyarimana avait quitté le Rwanda trois jours après cet attentat. L'avion avait été abattu par des missiles sol-air à son atterrissage à Kigali.

Si la justice française a autorisé l'extradition de plusieurs Rwandais soupçonnés d'être impliqués dans le génocide vers le Tribunal pénal international d'Arusha, elle s'est opposée trois fois à des extraditions vers Kigali, jugeant que la justice rwandaise n'était pas à même de garantir un "procès équitable" et l'accès à une justice indépendante.

Agathe Habyarimana, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par le Conseil d'Etat en octobre, est également l'objet d'une enquête à Paris à la suite d'une plainte la visant notamment pour complicité de génocide, mais elle n'a pas été entendue à ce stade par les juges d'instruction chargées du dossier.

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