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Vidéo République démocratique du Congo : un accord pour organiser "l'après Kabila"

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Sous la médiation des responsables religieux, la majorité et l'opposition ont signé un texte limitant les pouvoirs de l'actuel président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, jusqu'à l'élection de son successeur.
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Nicolas Freymond - Ben Barnier - franceinfo avec AFP
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Sous la médiation des responsables religieux, la majorité et l'opposition ont signé un texte limitant les pouvoirs de l'actuel président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, jusqu'à l'élection de son successeur.

L'année 2017 se présente comme une année de transition historique en République démocratique du Congo, où le pouvoir et l'opposition sont parvenus in extremis, samedi 31 décembre 2016, à conclure un accord de cogestion du pays jusqu'à l'élection d'un successeur au président Joseph Kabila, dont le mandat a expiré le 20 décembre. L'accord tant attendu, négocié sous l'égide de l'épiscopat, vise à sortir le pays de la crise politique née du maintien de M. Kabila, 45 ans, à la tête de la RDC après l'expiration de son mandat.

Après un premier accord conclu en octobre entre le pouvoir et une frange minoritaire de l'opposition, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait réussi à réunir toutes les composantes de l'éventail politique à partir du 8 décembre. Dans l'accord du 31 décembre, les parties ont convenu de maintenir M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un troisième mandat, à la tête du pays jusqu'à la tenue d'une présidentielle prévue à la "fin 2017".

Pendant cette période de transition de douze mois, l'accord prévoit la création d'un Conseil national de transition (CNT) présidé par l'opposant historique Etienne Tshisekedi.

Un nouveau Premier ministre issu du "Rassemblement", coalition regroupant la majeure partie de l'opposition et présidée par M. Tshisekedi, doit aussi être désigné. L'accord ne précise pas à quelle date le CNT doit être mis en place, ni dans quel délai ce Premier ministre doit être nommé.

"Pendant la période de transition, les institutions de l'Etat tireront leur légitimité à la fois de leur inclusivité et de leur capacité à mettre en œuvre l'accord dans toutes ses composantes" et "dans le plein respect de la Constitution (...) en vue de la tenue d'élections en 2017", ont estimé dans un communiqué commun la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, Neven Mimica. L'UE est le premier partenaire économique de la RDC.

Le 20 décembre, au dernier jour du mandat de M. Kabila, la capitale Kinshasa et plusieurs autres villes ont été le théâtre d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et jeunes hostiles à son maintien au pouvoir. Ces violences politiques et interethniques ont fait, selon l'ONU, au moins 40 morts.

Le compromis politique du 31 décembre détermine l'avenir politique du président Kabila, qui reste au pouvoir pendant la période pré-électorale et électorale. La majorité et la majeure partie de l'opposition ont donc accepté qu'à l'issue de son second et dernier mandat, M. Kabila ne brigue pas un troisième mandat. Les signataires ont également convenu que, pendant la période de transition, "aucune tentative de révision de la Constitution ne sera entreprise".

La RDC n'a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960. Ce pays a été ravagé, entre 1996 et 2003, par deux guerres qui ont fait au moins trois millions de morts et sa partie orientale reste déchirée par de multiples conflits armés depuis plus de vingt ans.

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