VIDEO. Maroc : un manifestant dans le coma après des affrontements avec les forces de l'ordre

D'après un premier bilan officiel, les heurts ont fait 72 blessés du côté des forces de l'ordre et 11 chez les manifestants. Al-Hoceima, située dans le nord du Maroc, une région historiquement frondeuse, est depuis neuf mois le théâtre d'un mouvement de contestation.

APTN

Il est dans le coma. Un manifestant a été hospitalisé dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 juillet, après des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants à Al-Hoceima, dans le nord du Maroc. Cette blessure à la tête est "due à des jets de pierres", ont précisé les autorités locales, citées par l'agence officielle MAP. Une enquête a été ouverte pour "élucider les circonstances de cet incident".

Al-Hoceima et les localités voisines, situées dans la région historiquement frondeuse du Rif, sont depuis neuf mois le théâtre d'un mouvement de contestation. Les principaux leaders du Hirak, nom donné localement à ce mouvement qui dénonce la "marginalisation" de la région, ont été arrêtés fin mai. Les sympathisants avaient appelé à une grande marche, jeudi, pour réclamer la libération de leurs compagnons arrêtés, malgré l'interdiction des autorités et le déploiement d'un imposant dispositif de sécurité.

Deux membres des forces de l'ordre "dans un état grave"

Dès le début des rassemblements, les forces de l'ordre sont systématiquement intervenues pour charger les protestataires et disperser tout attroupement. Elles ont fait usage de bombes lacrymogènes, comme on le voit sur les images diffusées par l'agence APTN. Des échanges de jets de pierre ont eu lieu dans plusieurs points de la ville et dans les localités voisines jusqu'à tard la nuit.

D'après un premier bilan officiel, les heurts ont fait 72 blessés du côté des forces de l'ordre et 11 chez les manifestants. Deux membres des forces de l'ordre dans un "état grave" ont été évacués à Rabat. Ils ont précisé qu'ils avaient été blessés à la tête "à la suite de jets de pierres par certains manifestants".

Des manifestants à Al-Hoceima (Maroc), le 20 juillet 2017.
Des manifestants à Al-Hoceima (Maroc), le 20 juillet 2017. (JALAL MORCHIDI / ANADOLU AGENCY / AFP)