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Vidéo "La France va revenir dans le jeu" de l'aide au développement, assure Jean-Yves Le Drian

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Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, assure sur France Inter que la France revient dans une dynamique de développement alors que les députés examinent depuis mercredi le projet de loi de programmation relatif au développement solidaire qui doit permettre au budget d'atteindre 15 milliards d'euros par an.

"La France va revenir dans le jeu" de l'aide au développement, a assuré jeudi 18 février sur France Inter Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Les députés examinent depuis mercredi le projet de loi de programmation relatif au développement solidaire qui doit permettre au budget d'atteindre 15 milliards d'euros par an. La France va désormais concentrer son aide sur 19 pays, avec la Grande muraille verte d'Afrique comme priorité, explique le ministre.

On a décidé de faire en sorte qu'il y ait un ciblage beaucoup plus clair de nos objectifs et donc limiter notre action aux pays les plus en difficulté, c'est-à-dire essentiellement les 18 pays d'Afrique qui sont les moins développés, plus Haïti, ce qui fait 19 pays.

Jean-Yves Le Drian

à franceinfo

"Nous avons avec eux un partenariat efficace et une bonne compréhension, indique Jean-Yves Le Drian. On les aide pour mener des opérations d'actions concrètes, à la fois dans le domaine de l'éducation, dans le domaine de la santé, dans le domaine de l'égalité hommes-femmes, dans le domaine de lutte contre le réchauffement climatique, ce qui permet le développement."

Dans l'enveloppe versée à ces pays, "il y a une partie très significative de dons. L'objectif, c'est de faire en sorte de passer du prêt aux dons", notamment pour "permettre une synergie positive sur des grands enjeux". Les pays africains "commencent à se rendre compte qu'un endettement trop fort qu'ils ont pu contracter à l'égard de la Chine les met dans des grosses difficultés", rapporte le ministre, qui rappelle que la France a lancé un processus de moratoire de la dette africaine. "On est rentré dans des guerres de modèles, dans des guerres d'influence, dans une conception du développement qui est différente. Et nous, nous respectons le développement des pays concernés", estime Jean-Yves Le Drian.

Nous ne pouvons gagner qu'ensemble. C'est pourquoi je préfère parler d'une loi d'entraide qu'une loi d'aide ou de développement.

Jean-Yves Le Drian

à France Inter

L'un des sujets "emblématiques" sera "la Grande muraille verte, ce projet lancé par les Africains il y a maintenant une quinzaine d'années, qui ne pouvait pas voir le jour parce qu'ils n'avaient pas les moyens, ni techniques, ni financiers d'aboutir". Il s'agit de "végétaliser, planter des arbres sur une ligne de 8 000 km qui va du Sénégal à Djibouti sur 15 kilomètres de largeur, pour à la fois lutter contre la désertification, mais aussi permettre le développement de ce qu'on appelle l'agropastoralisme, c'est-à-dire fixer les populations et leur permettre d'avoir une activité. C'est un enjeu de 14 milliards" d'euros, détaille Jean-Yves le Drian.

Ce renforcement de l'aide au développement était "un engagement de campagne très fort" d'Emmanuel Macron, rappelle Jean-Yves Le Drian, qui concède que "ce texte de loi a mis un peu de temps à aboutir". Le ministre français des Affaires étrangères souligne que la France avait "un peu disparu de l'ensemble de l'aide au développement parce que nous n'avions pas les moyens de le faire et parce que du même coup on saupoudrait". D'après lui, "le fait d'être limité financièrement, peut-être même limité dans la volonté, ne nous permettait pas d'avoir une action cohérente. Et là, on revient dans la dynamique de développement."

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