Une grave crise alimentaire se profile au Sahel

Des ONG alertent sur le manque de financement qui pourrait les empêcher de fournir une aide d'urgence à des millions d'habitants de cette région d'Afrique.

Des Tchadiennes cherchent des grains de céréales dans le sol désertique en novembre 2011. Des millions de personnes sont menacées de famine dans la bande sahélienne.
Des Tchadiennes cherchent des grains de céréales dans le sol désertique en novembre 2011. Des millions de personnes sont menacées de famine dans la bande sahélienne. (IRINA FUHRMANN / OXFAM / AFP)

Des millions de personnes sont menacées par une famine au Sahel si des fonds promis ne sont pas versés aux ONG. C'est le cri d'alarme lancé lundi 23 avril par plusieurs d'entre elles, dont Action contre la faim et Oxfam.

A ce jour, Action contre la faim et Oxfam ont réussi à "mobiliser moins du tiers de leurs besoins de financement pour les prochains mois", indique un communiqué. Save the Children et World Vision se trouvent dans des situations encore plus critiques. A elles toutes, ces ONG ont besoin de près de 250 millions de dollars, mais n'ont réuni pour l'instant que 52 millions.

Six millions de personnes se voient fournir une aide d'urgence dans la région par ces organisations humanitaires. Faute de financement, celles-ci devront réduire "significativement" leurs programmes d'aide, privant ainsi plus de 2 millions de personnes d'une assistance essentielle dans la bande sahélienne. Cette vaste région située en bordure sud du Sahara traverse l'Afrique d'Ouest en Est, du Sénégal et de la Mauritanie jusqu'au Soudan et à l'Erythrée.

La malnutrition menace 23 millions d'Africains

Or, selon les Nations unies, plus de 23 millions de personnes pourraient être touchées par une crise alimentaire au Niger, au Tchad, au Mali, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Sénégal. Tous ces pays ont été frappés par de mauvaises récoltes l'an dernier. Dans de nombreuses zones de la bande sahélienne, les ONG disent avoir déjà constaté une augmentation des taux de malnutrition, notamment au Tchad et en Mauritanie.

Dans ce dernier pays, "nous avons vu des femmes contraintes de rechercher des graines de céréales dans les fourmilières pour survivre, explique Steve Cockburn, responsable régional à Oxfam. Nous sommes prêts à apporter de l'aide à des millions de personnes, mais le temps est compté pour l'exécution des programmes avant que la crise n'atteigne son paroxysme, et les financements sont donc urgemment nécessaires." Il appelle l'ONU à organiser "une conférence des donateurs dès que possible".