Un groupe islamiste revendique l'enlèvement d'un Français au Nigeria

Ansaru justifie notamment son action par "la position du gouvernement français et des Français vis-à-vis de l'islam et des musulmans".

L\'ingénieur français a été enlevé dans le nord du Nigeria.
L'ingénieur français a été enlevé dans le nord du Nigeria. (GOOGLE MAPS / FRANCETV INFO)

On connaît désormais les ravisseurs du Français enlevé mercredi 19 décembre dans le nord du Nigeria. Le groupe islamiste Ansaru a revendiqué, dimanche, le kidnapping de Francis Colump, 63 ans, ingénieur pour l'entreprise d'énergies renouvelables Vergnet.

Dans son communiqué, Ansaru, qui serait lié aux islamistes de Boko Haram, justifie son action par "la position du gouvernement français et des Français vis-à-vis de l'islam et des musulmans", évoquant en particulier "le rôle majeur de la France dans l'attaque contre l'Etat islamique dans le nord du Mali". Paris a en effet été à l'initiative d'une résolution, adoptée jeudi par le Conseil de sécurité de l'ONU, autorisant le déploiement d'une force internationale au Mali, pour chasser les islamistes armés qui occupent le nord du pays.

Le 9e Français à avoir été kidnappé en Afrique

Ansaru menace le gouvernement français d'autres attaques sur ses ressortissants. "tant qu'il ne changera pas sa position sur ces deux sujets". Le groupe islamiste cite également la loi interdisant depuis 2011 la dissimulation du visage dans l'espace public en France, qui porte selon eux "atteinte aux droits religieux".

Londres estime qu'Ansaru a des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et pourrait être responsable des enlèvements en 2011 de deux ingénieurs britannique et italien au nord du Nigeria. Ces deux otages avaient été tués en mars par leurs ravisseurs. Francis Colump est le neuvième Français à avoir été kidnappé en Afrique. Sept sont détenus par des islamistes au Sahel et un autre en Somalie. Une enquête pour "enlèvement et séquestration en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste" a été ouverte vendredi. Les investigations ont été confiées à la Direction centrale du renseignement intérieur.