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Tunisie: les rixes tribales refont surface

«Des fusils de chasse, des pierres et des objets contondants» ont nécessité «l’intervention des forces de l’ordre et l’usage de gaz lacrymogène», le 10 juin 2017 à Kébili, dans le sud de la Tunisie. Deux tribus se sont affrontées, faisant 78 blessés, dans cette province où les conflits de ce genre sont réguliers.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
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De nombreux Tunisiens se sont rassemblés spontanément à Bir Lahmar, le 23 mai 2017, en l'honneur d'Anouar Sakrafi, tué la veille par une voiture de la gendarmerie. (FATHI NASRI / AFP)

«Un différend foncier.» C’est ce qui expliquerait cette rixe entre les deux tribus, selon Sami El Ghabi, le gouverneur de la région. L'origine du problème, apparemment territorial, remonterait à l’indépendance de la Tunisie en 1956, mais a, ce jour-là, «dégénéré en affrontements violents».


En quelques années, dans cette région du sud de la Tunisie, ce type de conflits a dégénéré. Le 11 juin 2011, des affrontements avient fait 12 morts et une centaine de blessés à Metlaoui. Les Tunisiens avaient alors redécouvert ces «guerres» tribales qu’ils pensaient révolues.

Ce jour-là, les Bou Yahya et les Jeridiens s’étaient affrontés à coups de pierres, essence, pioches et même fusils de chasse, avec une violence inouïe. Des bâtiments entiers étaient partis en fumée. Chaque clan s’était alors rejeté la responsabilité des violences, sans qu’un dialogue constructif n’émerge.

Toute la région, de Metlaoui à Kebili, autour des grandes plaines salines, a été particulièrement touchée par la crise économique et politique qui ravage le pays. La situation des petites villes, autrefois très industrielles ou minières, est très précaire.

Cette situation complexe a accru les tensions entre ces tribus qui cohabitent difficilement depuis des décennies. Les différends politiques qui ont suivi la révolution de 2011 n’ont rien arrangé.

A Kébili, au sud de Metlaoui, en 2013 déjà, des heurts avaient éclaté lorsque l’une des tribus avait incendié maisons et terres agricoles dans un village. Un jeune homme de 30 ans avait été tué. Des dizaines de blessés avaient été dénombrés. En 2012, à Gafsa, plus au Nord cette fois-ci, Montassar Bouzayane avait été atteint par la balle d’un fusil de chasse, lors d’affrontements entre les habitants de différentes parties de la ville. Le jeune homme de 14 ans avait plus tard succombé à ses blessures.

Le 10 juin 2017 enfin, les affrontements se sont déroulés dans un contexte extrêmement tendu: en mai, de violentes protestations sociales s'étaient exprimées dans la région. Des manifestants s'étaient rassemblés pour réclamer une meilleure répartition des richesses. Un jeune homme présent sur les lieux avait été «accidentellement» écrasé par une voiture de la gendarmerie.

Intervention des forces de l'ordre lors d'une manifestation contre le gouvernement, à Tataouine (Tunisie), le 22 mai 2017 (FETHI NASRI / ANADOLU AGENCY)

Ce drame avait envenimé les manifestations qui s'étaient répandues comme une traînée de poudre dans la région, jusqu'à la capitale.

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