Tunisie : jour de grève générale pour une hausse des salaires

Les agents de tous les services publics sont appelés à stopper le travail jeudi, dans un contexte politique tendu.

Des manifestants tunisiens lors d\'une grève générale des fonctionnaires à Tunis, le 22 novembre 2018.
Des manifestants tunisiens lors d'une grève générale des fonctionnaires à Tunis, le 22 novembre 2018. (FETHI BELAID / AFP)

La Tunisie vit une nouvelle journée de grève générale de la fonction publique, jeudi 17 janvier, à l'appel de l'UGTT (l'Union générale tunisienne du travail), l'hyperpuissante centrale syndicale. Pas d’école, pas de transports publics, les administrations sont fermées, le pays est paralysé. Les fonctionnaires réclament des augmentations de salaire, leur pouvoir d’achat s’est effrité et les Tunisiens font face à une inflation qui frôle les 8%.

"On ne demande pas grand-chose, on demande juste aux alentours de 6% d'augmentation", explique le syndicaliste Mahmoud Achroune. Mercredi soir, dans son allocution télévisée, le Premier ministre Youssef Chahed l'a répété, la situation économique en Tunisie est bien trop critique pour céder. Dans le pays, la fonction publique est un mastodonte, les charges salariales des fonctionnaires avalent déjà près de 70% des ressources de l'État. Chez Ridat Lili, on est syndicaliste de père en fils : "L'inflation est telle qu'il n'est plus possible de maintenir les gens dans l'appauvrissement permanent."

Une grève critiquée par une partie de la population

Avoir un emploi stable par les temps qui courent, c'est pratiquement un exploit. Les Tunisiens estiment donc souvent indécent que les fonctionnaires réclament en ce moment des augmentations, avec un chômage qui refuse de descendre sous la barre des 15%.

Lorsqu'on lui rappelle ces arguments, Ridat Lili se fâche : "Vous croyez que s'il n'y a pas d'augmentation de salaires, ils vont résoudre le chômage ? Cela fait huit ans qu'ils sont au gouvernement !" Les deux parties campent sur leur position, le mouvement pourrait se poursuivre. Il intervient dans un contexte politique tendu, à l'approche des élections législatives et présidentielle prévues fin 2019.