La Tunisie annonce avoir abattu sur son sol un dirigeant algérien d'Al-Qaïda

Mourad ben Hammadi Chayeb, un chef du groupe extrémiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été tué le 20 octobre 2019 dans le centre-ouest du pays, lors d'une opération antiterroriste.

La gendarmerie tunisienne en opération dans les montagnes de Kasserine, à la frontière avec l\'Algérie, repaires de plusieurs groupes jihadistes. La Tunisie est devenue le refuge de groupes islamistes algériens depuis la fin des années 1990. Photo prise le 23 octobre 2014.
La gendarmerie tunisienne en opération dans les montagnes de Kasserine, à la frontière avec l'Algérie, repaires de plusieurs groupes jihadistes. La Tunisie est devenue le refuge de groupes islamistes algériens depuis la fin des années 1990. Photo prise le 23 octobre 2014. (ZOUBEIR SOUISSI / X02856)

Considéré comme "l'un des dirigeants les plus dangereux" du groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Mourad ben Hammadi Chayeb a été tué le 20 octobre 2019 par les forces de sécurité tunisiennes dans le centre-ouest du pays. Ce terroriste algérien aurait participé à plusieurs attaques contre des soldats et des membres des forces de sécurité en Tunisie, ces dernières années. "Un dirigeant terroriste du groupe Oqba ibn Nafaa a été tué, lors d'une opération antiterroriste menée par les forces militaires et de la garde nationale (gendarmerie) dans la zone montagneuse de Kasserine", près de la frontière algérienne, a précisé à l'AFP le porte-parole du ministère de la Défense Mohamed Zekri.

Katiba venue de l'Algérie voisine

Les autorités tunisiennes ont précisé que ce dirigeant d'Aqmi était de nationalité algérienne et "frère du terroriste algérien Lokman Abou Sakhr tué en 2015". La phalange Oqba ibn Nafaa (nom d’un des compagnons du prophète lors de la conquête arabe) est une branche locale d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. Des opérations de ratissage sont régulièrement menées par les forces de l'ordre dans ces zones. La Tunisie a été confrontée, après sa révolution en 2011, à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de civils et de touristes étrangers.

Coopération entre l'Algérie et la Tunisie

Même si la situation sécuritaire s'est nettement améliorée, la lutte contre le terrorisme n'en reste pas moins au cœur des préoccupations. Abderrazak el Mana’i, général à la retraite tunisien, a ainsi profité de cette attaque pour demander au nouveau président Kaïs Saïed d'élaborer une véritable stratégie qui éradique la menace jihadiste dans le pays.

Alger et Tunis ont renforcé ces derniers mois leur coordination sécuritaire en matière de lutte antiterroriste. Le 2 septembre 2019, trois jihadistes algériens, cadres d’Aqmi, recherchés de longue date avaient été tués à la frontière algéro-tunisienne. Ils ont été identifiés par les autorités comme étant El Behi Akrouf, un quinquagénaire qui serait un haut dirigeant de la branche d’Aqmi en Tunisie, Tahar Jijli et El Mahi, présents dans les maquis algérien, puis tunisien, depuis les années 1990.

Aqmi contre EI

Les massifs montagneux dans la région frontalière de Kasserine restent un repaire de groupes jihadistes concurrents, voire rivaux, dont Jund al-Khilafa (Les soldats du califat), affilié à l’organisation Etat islamique (EI), et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) affilié à Al-Qaïda.