"Notre Parlement a failli dans sa tache" : en Tunisie, l'abstention devrait être élevée pour les élections législatives

Les Tunisiens élisent leurs députés ce dimanche mais le scrutin risque de ne pas beaucoup mobiliser les citoyens. 

Une femme dans les rues de Tunis devant les affiches électorales. 
Une femme dans les rues de Tunis devant les affiches électorales.  (MOHAMED MESSARA / EPA)

La Tunisie va élire ses députés dimanche 6 octobre. L'Assemblée des représentants du peuple sera élue pour un mandat de cinq ans. Plus de 1 500 listes et plus de 15 000 candidats se présentent. Ces élections, déterminantes pour l’avenir politique du pays, passent pratiquement sous les radars. La faute en partie au calendrier : ces élections ont lieu entre deux tours d’une présidentielle qui accapare toute l’attention avec un des finalistes en prison. 

La transition démocratique toujours en cours 

Depuis la révolution, le pouvoir est entre les mains du Parlement bien plus que dans celles du président. En théorie, cette élection est bien plus importante que la présidentielle. Lamine Benghazi est le responsable de l’ONG Al Bawsala. Sa mission est d'aider les Tunisiens à mieux capter ce régime semi-parlementaire. Mais à la veille du scrutin, il trouve "l'atmosphère assez déprimante". 

Pour ces élections, l’abstention devrait l’emporter. Si les Tunisiens se désintéressent des législatives, c'est parce que ces cinq dernières années, le parlement a brillé par son efficacité estime Lamine Benghazi. "Nous n’avons toujours pas de Cour constitutionnelle. Nous avons un Parlement qui a failli dans sa tâche principale qui est de mettre en place les fondements de la démocratie". 

Ce Parlement n’a pas su être le cœur battant de la démocratie en Tunisie et être le moteur des changements de politiques publiques.Lamine Benghazià franceinfo


Les absences chroniques des députés ont beaucoup choqué. "Un récent sondage indique que 75 % des citoyens considèrent que le Parlement ne fait pas son travail pour répondre à leur attentes", estime Lamine Benghazi. Si l’abstention est à la hauteur de cette défiance, un électeur sur quatre seulement se rendra aux urnes. C’est tout le système politique post-révolution qui risque alors d’être remis en question.