Le chômeur tunisien qui s'est immolé par le feu est "dans un état critique"

Cet homme de 48 ans faisait un sit-in avec d'autres chômeurs et avait demandé à rencontrer des ministres de passage à Gafsa, au centre du pays. 

Locaux de la société des phosphates de Gafsa, située à Métlaoui près de Gafsa, dans une des régions les plus sinistrées de Tunisie, ici en juin 2011.
Locaux de la société des phosphates de Gafsa, située à Métlaoui près de Gafsa, dans une des régions les plus sinistrées de Tunisie, ici en juin 2011. (AUDE OSNOWCZ / WOSTOK PRESS / MAXPPP)

L'homme qui s'est immolé par le feu jeudi 5 janvier dans la ville de Gafsa, située au centre de la Tunisie, est "dans un état critique", vendredi. Ammar Gharsalla, un quadragénaire père de trois enfants, souffre de "brûlures étendues au troisième degré", a indiqué Fakher Eluati, surveillant général de l'hôpital pour grands brûlés de Ben Arous, en banlieue sud de Tunis.

Cette immolation par le feu survient un an après la révolution tunisienne, commencée en décembre 2010 par l'immolation d'un jeune marchand ambulant à Sidi Bouzid, une autre ville défavorisée du centre de la Tunisie.

Une région ravagée par le chômage

"La situation est très inquiétante et risque de dégénérer", témoigne un syndicaliste, qui a fait état d'affrontements entre des groupes d'habitants de la ville et les forces de l'ordre. Ces événements se sont produits à l'occasion de la visite de trois ministre dans la ville de Gafsa. L'homme qui s'est immolé, âgé de 48 ans, "a demandé à rencontrer la délégation de ministres en visite à Gafsa et n'a pas eu de réponse", selon une source locale.

Les ministres des Affaires sociales Khalil Zaouia, de l'Industrie Mohamed Lamine Chakhari et de l'Emploi Abdelwahab Maatar étaient en visite jeudi à Gafsa pour se rendre compte de la situation dans cette région minière tunisienne ravagée par le chômage.