Gel hydroalcoolique : le Tchad en quête d'autosuffisance

Le pays a dû se mettre à la fabrication de gel hydroalcoolique pour faire face à la pandémie.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Des gels hydroalcooliques "made in Tchad" pour faire face à la pandémie liée au nouveau coronavirus. La production locale a démarré en avril 2020.  (EDMOND DINGAMHOUDOU - BANQUE MONDIALE)

La pandémie liée au coronavrirus aura eu au moins un avantage pour le Tchad : lui permettre de se lancer dans la production de gel hydroalcoolique. Une nécessité pour garantir la qualité d'une solution qui appartient à la panoplie des gestes barrières contre le Covid-19 mais surtout pour assurer son approvisionnement dans un pays enclavé et qui restera confiné durant plusieurs semaines. 

La production a été officiellement lancée mi-avril 2020 et, aujourd'hui, 1 000 flacons de 500 ml sont fabriqués par jour. Les gels produits sont mis à disposition de la centrale pharmaceutique d'achats, un grossiste répartiteur de produits pharmaceutiques public. Le projet a bénéficié de l'appui financier de la Banque mondiale

Autonomie

Le laboratoire national de contrôle qualité des médicaments, une structure du ministère de la Santé, abrité par le Centre de contrôle de la qualité des denrées alimentaires (CECOQDA) s'est retrouvé au cœur d'un dispositif inédit au Tchad. "Il faut qu'on puisse produire du 'made in Tchad' puisqu'on ne tend pas toujours la main à l'extérieur", faisait valoir le Dr Abdelsalam Bachar Haggar en avril dernier. Après la détection du premier cas de Covid-19 en mars 2020, ce dernier a décidé d'allouer les ressources du laboratoire qu'il dirige alors à la fabrication de gel hydroalcoolique.

"Quand le coronavirus est arrivé ici au Tchad, il y avait un problème de transport, d'importation des produits pharmaceutiques, de tout ce qui est cosmétique... Le gouvernement avait pris la décision de fermer les voies terrestres et aériennes. Avec les techniciens, j'ai donc démarré la rédaction d'un protocole pour la production d'une solution hydroalcoolique", confie à franceinfo Afrique le Dr Abdelsalam Bachar Haggar. En avril, son laboratoire fabrique 500 flacons par jour en attendant des ressources supplémentaires. 

Sensibilisation

Quelques mois plus tard, le projet SWEDD (Projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel) financé par la Banque mondiale apporte au laboratoire de nouvelles ressources, notamment pour l'achat des intrants nécessaires à la production du gel. Cette dernière, toujours manuelle, va ainsi doubler. Une douzaine de personnes travaillent actuellement à la fabrication de la solution. Abdelsalam Bachar Haggar espère obtenir encore plus de financement pour, par exemple, automatiser le processus. 

Le scientifique se réjouit d'autant plus de l'initiative du laboratoire que les gens "utilisent des solutions hydroalcooliques d'origine douteuse". Il souhaite également que ses compatriotes soient davantage sensibilisés à l'utilisation du gel. Son usage étant encore limité aux zones urbaines. 

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