Tchad: un militaire tire sur des soldats français, un blessé

L'homme qui circulait sur une motocyclette a ouvert le feu sur deux Français. L'un d'entre eux a été touché au bras.

Des militaires français dans les rues de N\'Djamena, lors de troubles en février 2008.
Des militaires français dans les rues de N'Djamena, lors de troubles en février 2008. (PASCAL GUYOT / AFP)

Un soldat français a été blessé au bras, à N'Djamena mercredi 9 mai. Un militaire tchadien qui circulait sur une motocyclette a ouvert le feu sur deux soldats. L'un des deux a été touché au coude.

"Les deux soldats français à bord de leur véhicule sortaient de la base" et "un individu à bord d'une motocyclette a tiré quatre balles", a précisé à l'AFP une source proche de l'ambassade de France au Tchad. "Le soldat a été admis à l'antenne médicale française. Il s'en est tiré et va être évacué" a ajouté la même source.

Un officier de la police judiciaire tchadienne a confirmé cette version. Selon lui, "la personne qui a tiré sur les militaires français est un militaire tchadien. Il a été arrêté et se trouve actuellement au B2", les renseignements militaires.

Les deux soldats circulaient en tenue militaire

D'après l'état-major à Paris, les deux soldats français ont été pris pour cible en début de matinée alors qu'ils se déplaçaient en tenue militaire, à bord d'un véhicule civil avec des plaques militaires françaises. "A un arrêt, un individu a ouvert le feu sur eux avec une arme de poing", a précisé le porte-parole de l'état-major. "Il y a eu un renforcement des mesures de vigilance à N'Djamena, puisque la personne n'a pas été immédiatement arrêtée. Elle sont maintenues pour l'instant, mais on ne sent pas une menace particulière", a indiqué le porte-parole.

Selon les informations dont l'état-major dispose, l'agresseur serait "un ancien militaire" tchadien. "Une enquête est en cours, en contact avec les autorités tchadiennes".

La présence française au Tchad critiquée

La France dispose dans le cadre de l'opération Epervier déclenchée en 1986 de 950 hommes au Tchad. Leur présence est mal vécue par une partie de la population qui a l'impression que la France pèse ainsi sur les décisions de leur pays.

Les rebelles tchadiens et certains opposants reprochent aussi aux Français d'avoir soutenu le régime d'Idriss Deby au pouvoir depuis 1990. En février 2008, la rébellion avait atteint les portes du palais présidentiel de N'Djamena. La France avait alors donné des renseignements et livré des munitions à l'armée tchadienne.

De source militaire française, la base française au Tchad pourrait être utilisée dans le cadre de la surveillance et de la lutte contre les groupes armés, et notamment de groupes islamistes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans la bande sahélienne. La présence d'Aqmi au Tchad n'a jamais été confirmée.