Soudan : signature d'un accord entre les militaires et les chefs de la contestation

Il reste des points à régler dans les négociations, notamment concernant l'"immunité" des militaires après les violences survenues pendant les manifestations.

Des généraux soudanais à la table des négociations, le 16 juillet 2019, à Khartoum, au Soudan.
Des généraux soudanais à la table des négociations, le 16 juillet 2019, à Khartoum, au Soudan. (MAHMOUD HJAJ / ANADOLU AGENCY / AFP)

Les généraux au pouvoir au Soudan et les meneurs du mouvement de contestation ont signé, mercredi 17 juillet, un accord entérinant le partage du pouvoir pendant la période transition, après la destitution d'Omar el-Béchir en avril. Des discussions doivent encore avoir lieu dans les prochains jours sur les autres points en litige d'un accord trouvé le 5 juillet entre les deux parties, selon la contestation.

La "déclaration politique" a été paraphée par les deux camps après une nuit de discussions intenses. A l'issue de la rencontre dans un hôtel de luxe de Khartoum, le numéro 2 du Conseil militaire au pouvoir, Mohamed Hamdan Daglo dit "Hemeidti", aussi commandant des redoutées Forces de soutien rapide (RSF), a salué un moment "historique".

Un conseil de transition dominé par les civils

"Aujourd'hui, nous nous sommes accordés sur la déclaration politique", a déclaré Ibrahim al-Amin, un des meneurs de la contestation. "Pour le document constitutionnel, nous reprendrons les négociations vendredi", a-t-il poursuivi. Cet accord constitue un premier pas vers un gouvernement civil, réclamé par les Soudanais depuis près de sept mois.

Il prévoit la création d'un "conseil souverain", instance de transition chargée de gérer la transition pendant un peu plus de trois ans. Ce conseil, qui repose sur le principe du partage des pouvoirs, sera composé de cinq militaires et six civils, dont cinq issus de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation. Les militaires présideront cette instance pendant les premiers 21 mois de la transition, les civils prendront ensuite la relève pour les 18 mois restants.

Les pourparlers entre les deux camps avaient été repoussés à plusieurs reprises ces derniers jours, butant notamment sur la question de l'immunité des militaires. Selon la protestation, les militaires, qui pourraient faire l'objet de poursuites après les violences survenues pendant les manifestations, réclamaient l'"immunité absolue".