Soudan : les militaires et les civils dirigeront ensemble le pays

Le conseil militaire de transition, au pouvoir au Soudan, et l'opposition sont parvenus le samedi 27 avril 2019 à un accord de principe sur la formation d'une autorité conjointe comprenant des civils et des militaires, sans toutefois convenir d'un partage des sièges. Les manifestants comptent maintenir la pression jusqu'à ce que ce partage de pouvoir soit effectif. 

Cliché, pris le 28 avril 2019, de dessins peints récemment dans la rue lors des manifestations devant le quartier général de l\'armée à Khartoum, la capitale soudanaise. 
Cliché, pris le 28 avril 2019, de dessins peints récemment dans la rue lors des manifestations devant le quartier général de l'armée à Khartoum, la capitale soudanaise.  (OZAN KOSE / AFP)

"Nous menons actuellement des consultations pour décider du pourcentage de civils et de militaires dans le Conseil conjoint", a déclaré dans la soirée au nom du mouvement de la contestation Ahmed al-Rabia, qui a participé à la première réunion d'une instance regroupant des représentants des deux camps. Selon des militants, le Conseil sera formé de 15 membres: huit civils et sept généraux.

L'accord obtenu représente une percée dans la crise qui faisait craindre un dérapage dans ce pays pauvre de la Corne de l'Afrique. Les militaires refusaient jusque-là de céder le pouvoir en dépit des appels des Etats africains et occidentaux à transférer le pouvoir aux civils. 

L'armée et l'opposition soudanaises avaient repris les pourparlers le 24 avril 2019 afin de sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il se trouve depuis la chute du président Omar el Béchir. Ce dernier a été déposé par l'armée le 11 avril, après plusieurs mois de contestation dans les rues.

La mobilisation toujours de mise

Après le départ de l'ancien président soudanais, au pouvoir pendant près de trois décennies, l'opposition exigeait que le pouvoir soit rapidement rendu aux civils alors que les militaires jugeaient que ce processus pourrait prendre jusqu'à deux ans. Les manifestants ont ainsi maintenu la pression pour obtenir que le Conseil militaire de transition cède le pouvoir. Ils exigeaient également qu'Omar el Béchir et les principaux responsables de son régime soient jugés.

Cet accord répond ainsi aux revendications des milliers de Soudanais qui campent depuis trois semaines devant le QG de l'armée à Khartoum pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils. Désormais, ils attendent l'instauration effective du Conseil conjoint annoncé le 27 avril, avant de décider du sort de leur sit-in.

Ce Conseil, qui remplacera le Conseil militaire, constituera l'autorité suprême du pays et sera chargé de former un nouveau gouvernement civil de transition pour gérer les affaires courantes et ouvrir la voie aux premières élections post-Béchir.

Les discussions entre l'armée et l'opposition se sont poursuivies dimanche 28 avril 2019.