Soudan : le Premier ministre Abdallah Hamdok confirme un progrès dans les relations avec Washington

De retour des Etats-Unis, le Premier ministre soudanais a révélé que son pays était sur la bonne voie pour être retiré de la liste des Etats parrainant le terrorisme.

Le Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, lors de sa conférence de presse à l\'aéroport de Khartoum à son retour de Washington, le 8 décembre 2019. 
Le Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, lors de sa conférence de presse à l'aéroport de Khartoum à son retour de Washington, le 8 décembre 2019.  (MAHMOUD HJAJ / ANADOLU AGENCY)

C'est dès son arrivée à l’aéroport de Khartoum, le 9 décembre 2019, qu'Abdallah Hamdok, premier chef de gouvernement de l'après Omar el-Béchir, a tenu à rendre compte à la presse des résultats de sa visite de six jours au Etats-Unis. Il a révélé, selon le site actualité-news.com, que des progrès avaient été accomplis concernant le retrait du Soudan de la liste des Etats parrainant le terrorisme établie par Washington.

Khartoum a rempli cinq conditions sur sept 

Un progrès lié au fait que cinq des sept conditions posées par les Américains ont été remplies. Selon lui, les deux parties ont déjà "réglé" les dossiers tels que l’acheminement des aides humanitaires dans les zones de conflit, les droits de l’Homme, les libertés religieuses, les liens avec la Corée du Nord et la priorité donnée au processus de paix dans le pays.

"Les deux points encore en discussion, a-t-il ajouté, sont la coopération du Soudan en ce qui concerne la guerre contre le terrorisme et l'indemnisation des victimes américaines des attaques terroristes contre le destroyer USS Cole et des attentats contre les ambassades américaines à Nairobi et Dar es Salaam."

En 2016, un tribunal américain avait statué que le gouvernement soudanais était tenu de verser 300 millions de dollars pour indemniser les victimes de la marine américaine, ainsi qu’une somme additionnelle en compensation pour les attentats à la bombe contre les représentations diplomatiques, rappelle le site chinois Xinhuanet.

Les Etats-Unis, qui avaient inscrit Khartoum en 1993 sur leur liste des Etats complice du terrorisme et imposé des sanctions économiques au Soudan à partir de 1997, avaient récemment amorcé un tournant. Ils ont décidé en octobre 2017 de lever les sanctions économiques contre le pays sans toutefois le retirer de la sinistre liste.

Hamdok confirme une réduction des forces soudanaises au Yémen

Au cours de cette même conférence de presse, Abdallah Hamdok en a profité pour confirmer le retrait récent de 10 000 militaires soudanais engagés au Yémen dans la coalition mise sur pied en 2015 par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis pour soutenir le gouvernement légal face à la progression des rebelles Houthis.

Indiquant s’être adressé le 5 décembre au groupe de réflexion du Conseil de l’Atlantique basé à Washington, "nous avons confirmé qu'il n'y a pas de solution militaire à la guerre au Yémen et nous, en tant que Soudanais, sommes très désireux d'aider à trouver une solution politique là-bas", a-t-il dit. "En ce qui concerne le retrait de nos forces au Yémen, le nombre des forces était de 15 000 et nous les avons réduites à 5 000, a-t-il précisé soulignant : "Nous n'avons pas parlé de retrait, mais d'une réduction des forces."

Au cours de cette visite, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a annoncé que Washington allait nommer un ambassadeur au Soudan pour la première fois depuis 23 ans. Une décision de nature à renforcer les relations bilatérales, "particulièrement au moment où un gouvernement de transition dirigé par un civil met en œuvre de vastes réformes", a estimé le responsable américain.