Enfants soldats : "La crise du Covid-19 va aggraver la situation de ces enfants", s'inquiète l'Unicef

"Ici, dans le Sud Soudan, nous avons documenté 6 000 enlèvements d'enfants par des groupes armés depuis 2013", affirme Jean Lieby, responsable de la protection au bureau Unicef.

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Radio France
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Un enfant soldat au Sud Soudan le 7 février 2018. (STEFANIE GLINSKI / AFP)

"La crise Covid-19 va aggraver la situation des enfants soldats", s'est inquiété ce vendredi 12 février sur franceinfo Jean Lieby, responsable de la protection au bureau Unicef du Soudan du Sud, à l'occasion de la Journée mondiale contre l’utilisation des enfants soldats.

"Pour aider ces enfants, il nous faut des moyens financiers qui sont malheureusement souvent absents à l'heure actuelle. La crise sanitaire a détourné les moyens financiers qui sont donnés par les grands pays donateurs vers les besoins internes qui sont liés au Covid. Par exemple au Soudan du Sud, pour réinsérer les 3 700 enfants que nous avons libérés, nous avons besoin d'environ 3,8 millions d'euros. À l'heure actuelle, il nous manque 73 % de cette somme", a expliqué Jean Lieby.

6 000 enlèvements d'enfants recensés depuis 2013

"Il y a plusieurs milliers d'enfants enrôlés dans des groupes armés dans le monde. Ici, dans Soudan du Sud, nous avons documenté 6 000 enlèvements d'enfants par des groupes armés depuis 2013. C'est un phénomène également répandu en Syrie, au Congo, en République centrafricaine, en Somalie, en Afghanistan. L'Unicef a développé un programme pour intervenir et pour permettre à ces jeunes filles et ces jeunes garçons de pouvoir se réinsérer. Mais tout cela prend deux, trois ans, si ce n'est plus pour les cas les plus graves."

"Il est important que la communauté internationale commence à poursuivre ces gens qui utilisent des enfants parce que souvent, ils partent après un conflit sans être poursuivis. De les poursuivre, cela les mettrait devant le fait accompli et aiderait à persuader ces commandants et autres chefs de groupe à ne plus utiliser des enfants, en sachant à l'avance qu'ils seront poursuivis pour cela", a terminé le responsable de la protection au bureau Unicef du Soudan du Sud.

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