Somalie : au moins 26 morts dans une attaque des islamistes shebab contre un hôtel

Un véhicule piégé a explosé dans la ville portuaire de Kismayo, vendredi après-midi.

Des membres des forces somaliennes après un attentat des islamistes shebab dans la capitale Mogadiscio, le 14 juillet 2018.
Des membres des forces somaliennes après un attentat des islamistes shebab dans la capitale Mogadiscio, le 14 juillet 2018. (MOHAMED ABDIWAHAB / AFP)

Des islamistes shebab ont lancé un véhicule piégé contre un hôtel de Kismayo, une ville portuaire située dans le sud de la Somalie, vendredi 12 juillet. Le bilan encore provisoire des autorités fait état d'au moins 26 morts et 56 blessés. Parmi les victimes, figurent un ancien ministre de l'administration locale et un député. "Le bilan pourrait augmenter car l'attaque n'est pas encore finie", a déclaré à l'AFP un responsable sécuritaire. 

Selon un témoin, "l'explosion "a été énorme, puis des hommes armés sont entrés et ont échangé des coups de feu avec les forces de sécurité. C'était le chaos à l'intérieur. J'ai vu plusieurs morts dont les corps étaient enlevés de la zone, et des gens fuyaient des bâtiments voisins".

Attaque revendiquée par les shebab

L'attaque a commencé vendredi en fin d'après-midi, quand un véhicule piégé a explosé à l'entrée du Medina, un hôtel très fréquenté du centre de Kismayo, selon des sources sécuritaires. Des hommes armés ont ensuite pénétré dans l'hôtel, où ils ont affronté les forces de sécurité présentes. Les shebab, qui ont revendiqué l'assaut, ont reproduit là un schéma qu'ils ont l'habitude d'utiliser dans la capitale Mogadiscio.

Dans un communiqué, les shebab ont revendiqué l'attaque contre les "officiels apostats de l'administration du Jubaland". Ils ont affirmé que leurs hommes avaient réussi à prendre le contrôle de l'hôtel. Selon plusieurs sources locales, l'établissement abritait surtout des hommes d'affaires et des hommes politiques. Ils étaient là pour préparer l'élection présidentielle dans la région semi-autonome du Jubaland, prévue fin août.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils. Affiliés à Al-Qaïda, ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20 000 hommes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).