La Libyenne Hajer Sharief et la Somalienne Ilwad Elman en lice pour le Nobel de la paix

Les deux jeunes femmes ont été remarquées par la fondation Kofi Annan pour leur action pour la paix et la protection des femmes. L'ONG PRIO en fait ses favorites.

 la Somalienne Ilwad Elman et La Libyenne Hajer Sharief et
 la Somalienne Ilwad Elman et La Libyenne Hajer Sharief et (France info)

Deux jeunes femmes musulmanes sont dans la course pour le prix Nobel de la Paix. Hajer Sharief, Libyenne de 26 ans, et Ilwad Elman, Somalienne âgée de 29 ans. Toutes deux font partie de la fondation de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, Extremly Together. Les deux jeunes femmes ont été remarquées par leur travail pour la paix dans leurs pays respectifs.

Ilwad Elman intervient le 23 juin 2018 lors du BET à Los Angeles. La jeune Somalienne a créé \"Sister Somalia\", une ONG qui gère le premier centre réservé aux femmes violées en Somalie.
Ilwad Elman intervient le 23 juin 2018 lors du BET à Los Angeles. La jeune Somalienne a créé "Sister Somalia", une ONG qui gère le premier centre réservé aux femmes violées en Somalie. (EARL GIBSON III / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les parents d'Ilwad Elman, née en Somalie en 1990, sont des activistes pour la paix. Quand la guerre éclate en Somalie, sa mère quitte le pays au début des années 90 avec ses filles pour gagner le Canada et y demander l’asile. Ilwad y passera son enfance. Son père resté en Somalie est assassiné, alors qu’il vient en aide à de jeunes enfants soldats pour les réinsérer dans la société.

Sister Somalia

A 20 ans, Ilwad Elman revient au pays. Avec sa mère elle fonde et codirige le Centre Elman pour la paix et les droits de l’Homme. Le Centre Elman s’engage dans de nombreux programmes liés à la paix dans le monde. Education, formation professionnelle, création d’emplois et enfin lutte contre les violences sexuelles. L’action d’Ilwad Elman est surtout axée sur les droits des femmes en Somalie. Elle crée Sister Somalia, premier centre en Somalie réservé aux femmes violées. Elle a ainsi obtenu en 2016, le prix de la jeune personnalité africaine de l’année. Elle est membre de plusieurs groupes d’experts des Nations unies.

1325 Network

Depuis 2011, Hajer Shareif se bat pour la paix en Libye. Elle a été témoin des horreurs de la guerre civile. A l’époque, elle n’a que 19 ans. Mais choquée par ce qu’elle a vu, elle lance sa propre organisation, Together we build it, dont l’objectif est de soutenir une transition démocratique et pacifique pour le pays. L’organisation veille au renforcement du rôle des femmes et des jeunes en Libye.

Hajer Sharif, membre de la Fondation Extremly Together, de Kofi Annan.
Hajer Sharif, membre de la Fondation Extremly Together, de Kofi Annan. (E©Extremely Together / Kofi Annan Foundation)

En 2013, Hajer Shareif participe au projet 1325 Network, un réseau d’activistes et d’organisations à travers 30 villes en Libye, qui concourt à renforcer le rôle des femmes à construire une société plus sûre. Le nombre 1325 renvoie à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Lequel reconnaissait non seulement l’impact particulier des conflits sur les femmes, mais aussi le besoin de considérer celles-ci comme parties prenantes à la prévention et à la résolution des conflits.

L'ONG norvégienne PRIO en a fait une de ses favorites pour le Nobel de la paix 2019. "C’est un grand honneur de figurer dans l’ultime liste de Henrik Urdal pour le prix Nobel de la Paix", a twitté la jeune femme.