«Scandale de la canette» au Maroc: un sordide fait divers devient affaire d’Etat

Un homme se présente à l’hôpital de Kénitra avec une canette de soda dans le rectum. Les chirurgiens, qui l'ont opéré, le filment et diffusent la vidéo sur les réseaux sociaux en se moquant de lui. Le ministre des droits de l’Homme s’en mêle et la police arrête la victime pour «dénonciation mensongère et perversion sexuelle». Et enquête sur les auteurs de la vidéo.


L’affaire prend de grandes proportions au Maroc. Ce qui pouvait être perçu comme un simple fait divers tourne à une affaire d’Etat. Médias, réseaux sociaux, autorités officielles, Ordre des médecins, police... le «scandale de la canette» n’en finit pas de secouer le pays.

Le 30 janvier 2018, un jeune homme est emmené au Centre hospitalier Al-Idrissi, à Kénitra. Dans son rectum une canette de soda. Le patient affirme avoir été agressé sexuellement par trois hommes. Un membre de l'équipe médicale filme l’opération chirurgicale avec un téléphone portable. Le staff tient des propos humiliants envers le patient anesthésié. La vidéo est diffusée sur les réseaux sociaux et déclenche un tsunami d’indignation.


L’information, relayée par les médias locaux, fait bondir le ministre des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, qui dénonce les membres du corps médical et prend contact avec l’Ordre des médecins pour d’éventuelles sanctions. «Le fait de filmer cette intervention chirurgicale et de la rendre publique, et les moqueries des médecins sont des actes infâmes et contraires à l'éthique de la profession», s’indigne le ministre.


La police enquête sur les auteurs de la vidéo… et défère la victime. Finalement, le jeune n’aurait pas été agressé. Il a été entendu pour des accusations «d’outrage à la police judiciaire, dénonciation mensongère et perversion sexuelle, après avoir changé sa version des faits devant la police judiciaire», rapporte Assabah, (lien en arabe) qui précise qu’il est désormais en état d’arrestation. 

«Le ministre de la Santé, Anas Doukkali, prend très au sérieux ce fait divers. Un rapport de l’Inspection générale du ministère de la Santé détaillant ce scabreux scandale lui a été remis», explique Le Desk. Avant d'éventuelles sanctions.