RDC: plus de 200 faux magistrats dans les filets de la justice

Dans le cadre d’une vaste opération de contrôle au sein de la magistrature, les autorités de la République démocratique du Congo ont identifié des dizaines d’«individus» exerçant la fonction de juge depuis près de dix ans sans aucune qualification.


La chasse aux arnaqueurs a commencé à la fin de l’année 2017 en République démocratique du Congo.
A la demande du ministre de la Justice Alexis Thambwe, une commission de contrôle a été mise en place pour vérifier la qualification de plus de 4000 magistrats dans le pays où la justice est constamment décriée par des ONG congolaises et internationales.
 
Vraies robes et faux diplômes
L'examen des dossiers de la régularité des conditions de recrutement des magistrats des sièges et des parquets a permis de découvrir le pot aux roses. Plus de 200 personnes exerçaient en tant que magistrats avec de vraies robes et… de faux diplômes. Tous seront «extirpés du corps de la magistrature pour n'y maintenir que des vrais magistrats», a promis le Garde de sceaux.
 
Arrestation et… fuite
Depuis la mise en place de la commission de contrôle, certains faux magistrats ont été arrêtés alors que d’autres avaient déserté leurs bureaux pour ne pas tomber dans les filets de la justice. Parmi les cas les plus frappants de cette affaire rocambolesque, l’on note celui d’un homme qui a réussi à devenir procureur de République dans la ville de Bukavu (chef-lieu de la province du Sud-Kivu). C’est l’incohérence de ses propos qui a fini par alerter les autorités, comme l’explique le ministre de la Justice à RFI.
 
Corruption généralisée
Face à une «justice infectée», le gouvernement se veut ferme. «Nous devons nous débarrasser de ces personnes qui n’ont rien à voir avec la magistrature. Il y a bien d’autres métiers: la conduite de taxi, le commerce au marché, etc.», a déclaré le Garde des sceaux cité par Africanews.

Au-delà des déclarations officielles, ce scandale ne semble pas secouer le pays habitué à une corruption généralisée. La République démocratique du Congo est classée parmi les pays plus corrompus au monde, selon le denier classement annuel de l’organisation Transparency International