Mali : le coton menacé par les sanctions de la Cédéao

Cela devait être une campagne exceptionnelle, tant pour les volumes que pour les revenus générés. Mais la fermeture des frontières décidée par la Cédéao empêche l’exportation du coton brut. 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Récolte du coton dans la région de Kita, au Mali, le 17 janvier 2022. Le premier producteur d'Afrique, qui exporte la totalité de ses récoltes sous forme de coton brut, s'inquiète de la fermeture des frontières décrétée par la Cédéao. (FLORENT VERGNES / AFP)

Cela peut surprendre dans le contexte sécuritaire actuel très tendu, mais le Mali s’attend à une production record de coton. La menace jihadiste n’a pas eu d’incidence dans les champs. Il est vrai que la zone de production se concentre autour de Sikasso, au sud du pays, région moins touchée par le terrorisme. Et Sikasso assure les deux tiers de la production nationale de coton. Le pays sera pour cette campagne redevenu le plus grand producteur d’Afrique, devant le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

La saison passée, l'immense majorité des cotonculteurs s'était détournée du coton au profit du mil, du maïs ou du soja parce que le tarif fixé par avance était trop bas à leurs yeux. C’est au tarif imposé par l’Etat que la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), entreprise publique et seule sur le marché, achète le coton brut aux producteurs. C’est elle qui se charge d’égrainer le fruit pour récupérer la fibre, et surtout d’exporter le coton brut.

Pour cette campagne, le prix d’achat a été fixé à 280 francs CFA le kilo (0,42 euro). Du jamais vu semble-t-il, ce qui a poussé les agriculteurs à semer 795 000 hectares de cotonniers, contre 160 000 l’an dernier. Des conditions météorologiques favorables ont fait le reste, et la profession s’attend à une production record de 820 000 tonnes.

Fermeture des frontières

Reste le contexte politique. Les sanctions de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à l’encontre du pouvoir militaire de Bamako viennent ternir une campagne qui s’annonçait sous les meilleurs auspices. Car la fermeture des frontières prévue dans les sanctions bloque l’exportation des balles et que le Mali exporte 98% de sa production.

Selon l’AFP, pour l’heure, seulement un tiers de la récolte de cette campagne a déjà été exporté avant que ne tombent les sanctions. Que va-t-il advenir du reste ? Le stockage de cette production fera immanquablement chuter les cours de la prochaine saison et menacera les finances de la CMDT.

Le coton est un secteur économique vital pour le Mali qui contribue à 15% du PIB. Mais le pays n’a jamais réussi à mettre sur pied une filière, tant les obstacles sont nombreux, rappelait déjà franceinfo Afrique en 2019 à l’issue d’une excellente campagne cotonnière.

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