L'OMS appelle l'Afrique à prendre en charge la santé mentale de ses jeunes

La Journée mondiale de la santé mentale a été l'occasion pour la directrice de la branche Afrique de l'OMS d'attirer l'attention sur une prise en charge précoce des troubles mentaux chez les jeunes. Elle insiste sur les bénéfices qu'il y a pour tous les pays du continent à dépister tôt et à prendre soin des malades ainsi détectés.

Enfant atteint de paralysie cérébrale dans un établissement de Lusaka en Zambie, le 30 juin 2016.
Enfant atteint de paralysie cérébrale dans un établissement de Lusaka en Zambie, le 30 juin 2016. (OLEKSANDR RUPETA / AFP)

L’Organisation mondiale de la Santé (l’OMS) a axé la Journée mondiale de la santé mentale 2018 sur une prise en charge plus précoce des troubles mentaux chez les jeunes. Le médecin dirigeant la branche Afrique de l’organisation internationale, Matshidiso Moeti, alerte sur une inadéquation voire une absence de moyens et de structures pour détecter et prendre en charge ces patients. Sachant que pour la moitié d’entre eux, les prémices sont là avant l’âge de 15 ans. 

Mal ou pas détectés
Ils sont 5% de la jeune population en Afrique à présenter des dysfonctionnements mentaux, contre 10 à 20% des enfants et adolescents vivant dans le reste du monde. Le Dr Matshidiso Moeti insiste sur la nécessité de mettre en place des structures adaptées tant à la détection qu’à la prise en charge de ces potentiels patients. Pour l'instant, la prise en charge est souvent sommaire quand elle existe. Dans certains pays, les malades mentaux sont encore réduits à être attachés quelque part.

Période charnière 
Les adolescents et jeunes adultes se trouvent au carrefour de changements de vie fondamentaux, sources de stress, de dépression, d’anxiété, avec des conduites à risques et l’utilisation de produits dangereux (drogues, alcool) propices au développement de troubles mentaux. Et ce d’autant plus s’ils sont trop pauvres pour avoir un accès aux soins, en violation avec leurs droits élémentaires.

Des outils à disposition
L’OMS a donc développé des outils à destination des parents, des professionnels de l’enfance, des enseignants, pour leur permettre de détecter, de prendre les enfants en charge, au quotidien. Ces soins précoces devraient largement améliorer le futur des pays qui auront pris cet enjeu au sérieux, et pas seulement à l'occasion d'une journée mondiale.