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En RDC, 500 enfants "invisibles" sortis des mines de cobalt pourront enfin aller à l’école

Ces jeunes Congolais n’avaient pas le certificat de naissance requis pour leur inscription.

Article rédigé par Eléonore Abou Ez
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La ville minière de Kipushi, située à proximité d'une zone désertique de la province du Haut-Katanga, où plus de 2000 enfants ont été recensés dans les différentes carrières du territoire.  (JUNIOR KANNAH / AFP)

Quelque 500 enfants travaillant dans des carrières à Kipushi, ville minière du sud-ouest de la République démocratique du Congo, ont obtenu récemment le certificat de naissance qui leur permettra d’aller gratuitement à l’école. Cette opération a été rendue possible grâce à l’aide de l’Unicef qui a soutenu les démarches administratives menées par une ONG locale. Les déclarations de naissance ne sont pas systématiques au Congo, ce qui a de multiples conséquences très problématiques.

La survie d'abord

A Kipushi, cité minière du Haut-Katanga d'environ 170 000 habitants, plus de 2 000 enfants travaillent dans les mines. Avec ou sans leurs parents, ils exploitent d'une manière artisanale des mines de cuivre ou de cobalt. Ils sont dans la "survie", comme le souligne l'administrateur du territoire de la ville, Louis Tshota, cité par l'AFP.  Dans ce contexte, pour les parents qui devaient payer des frais de scolarité, l'école n’était pas vraiment une priorité. 

Mais depuis peu, l’enseignement primaire est gratuit, à condition d’avoir un acte de naissance. Or, énormément d’enfants n’ont pas été déclarés à la naissance et les parents n’ont jamais régularisé la situation, parce que la démarche est compliquée et payante (250 dollars).

Le fléau des enfants "invisibles"

La République démocratique du Congo n’est pas un cas isolé. Quelque 166 millions d’enfants de moins de cinq ans dans le monde (soit 1 sur 4) ne sont pas déclarés, selon un rapport publié en 2019 par l’Unicef. On les surnomme les enfants "fantômes" ou enfants "invisibles".

Ce problème est un fléau en Afrique subsaharienne. En cause notamment la négligence, l’ignorance ou les tracasseries diverses des familles pauvres. Les formalités administratives peuvent être compliquées et les centres d'enregistrement sont parfois très éloignés ou manquent de matériel, comme le souligne l'Unicef.

Faute de moyens et de temps, les familles renoncent à se procurer un acte de naissance officiel. Parmi les obstacles à la déclaration des naissances, on note aussi l'attachement de certaines communautés à des pratiques traditionnelles.

La technologie qui sauve

Même si le nombre d'"enfants invisibles" est impressionnant en Afrique, il faut noter que l'enregistrement des naissances a nettement augmenté ces dernières années. Les progrès ont été obtenus grâce notamment aux campagnes de sensibilisation et à la simplification des démarches. La déclaration est devenue possible dans les centres de santé et l'Unicef mise aussi sur la technologie (déclaration par SMS) pour rendre l'enregistrement systématique et protéger les droits des enfants en leur donnant une identité juridique.

Un projet conçu et testé au Burkina Faso permet de déclarer une naissance via un texto à condition que les centres de santé soient raccordés au réseau de téléphonie portable.
Plusieurs pays du continent envisagent de suivre cette voie technologique qui permet de pallier, à moindre coût, les carences concernant les registres de l’état civil en Afrique ou ailleurs.

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