Covid-19 : les infections commencent à baisser en Afrique mais le répit "pourrait être de courte durée", selon l'OMS

Ce recul est lié à celui des contaminations en Afrique du Sud, le pays qui enregistre le plus de cas sur le continent. 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Un soignant aide une patiente du Covid-19 à regagner sa chambre dans un centre de soins Covid à Norwood, Johannesburg, le 12 juillet 2021. (EMMANUEL CROSET / AFP)

C'est une bonne nouvelle même si "ce changement pourrait être de courte durée". Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 en Afrique est en recul de 1,7% au 18 juillet 2021, ce qui correspond à "environ 282 000 cas en une semaine", a indiqué le 22 juillet 2021 le bureau régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Après huit semaines consécutives marquées par une recrudescence accélérée de la pandémie, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 en Afrique a commencé à diminuer, du fait d’un net recul du nombre de nouveaux cas en Afrique du Sud, où se concentre la majorité des cas signalés sur le continent", selon un communiqué.

"Ne nous berçons pas d’illusions, la troisième vague de la pandémie en Afrique n’est pas encore passée, a toutefois déclaré Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique lors la conférence de presse hebdomadaire de l'organisation. Cette légère embellie (...) ne doit pas occulter la situation du continent dans son ensemble."

De fait, "en ne prenant pas en compte les cas enregistrés en Afrique du Sud, qui représentent 37% du total des nouveaux cas, on constate une hausse particulièrement forte et ininterrompue depuis maintenant neuf semaines. Le pic actuel est de 80% supérieur au précédent pic observé sur le continent." De même, "le nombre de cas a augmenté de 18% en l’espace d’une semaine pour atteindre plus de 182 000 contaminations au 18 juillet". Toujours selon l'OMS, 21 pays ont enregistré une hausse "de plus de 20% pendant au moins deux semaines consécutives, soit trois pays de plus que lors de la semaine précédente".

"De nombreux pays restent très vulnérables", a résumé le Dr Matshidiso Moeti qui a indiqué que "la troisième vague de la pandémie en Afrique s’est accélérée à un rythme sans précédent, atteignant des niveaux jamais enregistrés jusqu’ici". L'OMS estime que les récentes célébrations de la fête musulmane de l'Aïd "pourraient"  conduire à une hausse des infections alors que les variants circulent largement sur le continent. 

Livraison imminente de nouvelles doses de vaccin

Le variant Delta, "hautement transmissible", est présent dans 26 pays africains. Quant aux variants Alpha et Bêta, ils "circulent respectivement dans 38 et 35 pays".

Pour contenir la pandémie, l'OMS suggère aux Etats "d'accélérer de toute urgence la vaccination contre le Covid-19, alors que les contraintes liées à l’expédition des vaccins sont levées". L'organisation a annoncé que, dans le cadre de l'initiative Covax, quelque "60 millions de doses devraient être réceptionnées dans les semaines à venir dans le cadre de programmes d’achat de vaccins ou de dons offerts par les Etats-Unis, l’équipe Europe, le Royaume-Uni et d’autres partenaires". Les pays doivent donc accélérer la cadence. 

"Un afflux massif de doses implique que l’Afrique doit mettre tout en œuvre pour assurer une opération de déploiement des vaccins cinq à six fois plus rapide, afin de pouvoir administrer toutes ces doses et de vacciner entièrement les 10% d’Africains les plus vulnérables avant la fin du mois de septembre", constate le Dr Moeti.

"Environ 3,5 à 4 millions de doses sont administrées chaque semaine sur le continent, mais il faudra passer à la vitesse supérieure et vacciner au moins 21 millions de personnes chaque semaine pour atteindre l’objectif fixé pour le mois de septembre (10% de couverture vaccinale)", précise le communiqué de l'OMS. Pour l'heure, seulement 20 millions d'Africains sont entièrement vaccinés, soit 1,5% de la population du continent. "L'Afrique compte à peine 1,7% des 3,7 milliards de doses administrées dans le monde. Les pays à revenu élevé ont administré 62 fois plus de doses par personne que les pays à faible revenu."

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