Covid-19 : l'Afrique du Sud en manque de candidats pour la vaccination

Les autorités accusent les anti-vaccins de mener une campagne de désinformation.

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France Télévisions
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Manifestation contre les vaccinations contre le Covid-19 devant l'hôpital Groote Schuur, l'un des plus grands hôpitaux publics, au Cap, le 21 août 2021. (RODGER BOSCH / AFP)

L'Afrique du Sud, qui a bataillé pour obtenir des vaccins contre le Covid jusque là trop rares et trop chers, avant de laborieusement lancer sa campagne d'immunisation avec beaucoup de retard, est désormais confrontée à un inquiétant rejet du vaccin par toute une partie de sa population. A ce jour, seulement 11% des adultes d'une population de 58 millions sont complètement immunisés. Le pays officiellement le plus touché d'Afrique vaccine en ce moment les plus de 35 ans et s'ouvre aux plus de 18 ans. L'Afrique du Sud compte déjà plus de 2,6 millions de cas et près de 78 700 morts. Mais malgré les courbes toujours en hausse, moins de 200 000 personnes par jour se présentent actuellement pour être vaccinées, en-dessous de l'objectif de 300 000.

"Apathie"

Le gouvernement prévoit de vacciner 28 millions de personnes d'ici la fin de l'année, soit 70% des adultes. Le pays connaît "une apathie ou une lassitude à l'égard des vaccins", a mis en garde Nomafrench Mbombo, du ministère de la Santé de la province du Cap-Occidental. Le gouvernement avait été vertement critiqué pour avoir tardé à se lancer dans la course à l'acquisition de vaccins. Mais il est depuis parvenu à obtenir des dizaines de millions de doses et l'Afrique du Sud est même devenue le premier pays du continent à produire localement des vaccins.

"Grève du sexe" 

Le rejet du vaccin par les hommes en Afrique du Sud est particulièrement préoccupant, selon une étude récente. Dans le pays, 60% des vaccinés sont des femmes, s'est alarmé récemment le ministre de la Santé. Pour pousser les hommes à se faire vacciner, la poétesse et actrice sud-africaine Lebogang Mashile a appelé les Sud-Africaines à une "grève du sexe". "Pour notre bien, les femmes doivent conditionner le 'pumpum' (sexe) à la vaccination", a-t-elle twitté. Le gouvernement a de son côté tenté une campagne ciblée par SMS demandant à "tous les hommes en Afrique du Sud de s'enregistrer" pour le vaccin.

Méfiance

Selon le journaliste spécialiste de la santé, Pontsho Pilane, le manque de confiance vis-à-vis du gouvernement expliquerait aussi le rejet des vaccins. Les autorités accusent les anti-vaccins de mener une campagne de désinformation. Selon une étude menée en juillet par l'Université de Johannesburg, les sceptiques invoquent principalement trois préoccupations : les effets secondaires, l'efficacité du vaccin et la méfiance à l'égard du vaccin et/ou des institutions. Dans des centres de vaccination qui fonctionnent au compte-gouttes, certains soignants ont lancé des appels  sur les réseaux sociaux à venir se faire vacciner. Parallèlement, plusieurs organisations dont des mosquées, fermes, mines, pharmacies ou encore compagnies d'assurance ont ouvert des sites de vaccination pour fluidifier l'accès au vaccin.

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