Covid-19 : au Zimbabwe, le gouvernement qualifie les médecins d'"assassins politiques"

Quatre ministres sont récemment morts du coronavirus dans ce pays au système de santé sinistré, qui compte officiellement près de 32 000 cas, dont plus de 1 000 morts.

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France Télévisions
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Un employé pulvérise un désinfectant autour de la tombe d’une personne décédée du Covid-19, au cimetière Glen Forest, à Harare, le 14 janvier 2021.  (JEKESAI NJIKIZANA / AFP)

Les médecins zimbabwéens sont des "assassins politiques qui se cachent derrière des compétences médicales", a twitté le 24 janvier Nick Mangwana. Le dérapage du porte-parole du gouvernement zimbabwéen, qui a qualifié les médecins "d'assassins politiques" après la mort récente du Covid de ministres et responsables du parti au pouvoir, a provoqué un tollé dans ce pays en crise. Quatre ministres du parti Zanu-PF (lien en anglais) sont récemment morts du coronavirus, dans ce pays au système de santé sinistré qui compte officiellement près de 32 000 cas, dont plus de 1 000 morts.

"Point de vue personnel"

Les médecins hospitaliers ont jugé ces propos "regrettables". "La persécution continue des praticiens est susceptible de déstabiliser le secteur de la santé", a renchéri l'Association zimbabwéenne des médecins pour les droits de l'Homme (ZADHR). Après l'indignation provoquée par ses propos, le porte-parole du gouvernement a effacé les messages incriminés et présenté des excuses publiques (lien en anglais), expliquant avoir exprimé un "point de vue personnel".

"Je n'avais l'intention d'offenser ou d'insulter aucun médecin", a-t-il twitté.

"Nous acceptons ses excuses, mais ce n'est pas suffisant", a déclaré à l'AFP Norman Marara, un représentant de la ZADHR.  

"Le gouvernement devrait être en train d'applaudir nos efforts et le rôle des professionnels de santé en première ligne dans la lutte contre le Covid-19"

Norman Marara, de la ZADHR

à l'AFP

"Secteur en panne"

Pour Itai Rusike, du Groupe de travail communautaire sur la santé, de tels propos du gouvernement risquent de perturber "des services de santé déjà en panne". Le pays a été secoué, en juin 2020, par une grande affaire de corruption liée au coronavirus. Le ministre de la Santé était mis en cause dans la signature d’un contrat suspect d'une valeur de 20 millions de dollars. En manque de moyens et avec des salaires au plus bas, le secteur de la santé au Zimbabwe est submergé par la seconde vague de coronavirus. 

A son arrivée au pouvoir en 2017, le président Emmerson Mnangagwa avait promis des réformes, mais le pays est toujours englué dans une crise économique catastrophique. 

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