Côte d’Ivoire: polémique sur la hausse du coût des transactions mobiles

On paye avec, ou on transfert de l’argent avec. La téléphonie mobile est devenue un acteur incontournable de l’économie en Afrique. Grâce à la Mobile Money, la téléphonie supplée au faible taux de bancarisation du pays. Ainsi en Côte d’Ivoire, 20% seulement des habitants ont un compte bancaire. Aussi l’introduction au 1er février 2019 d’une taxe sur les transactions dans le pays est très mal vécue. 

Ecran d\'accès au site Ecobank
Ecran d'accès au site Ecobank (SIA KAMBOU / AFP)

Au Sénégal, la mobile money c’est 20 milliards de francs CFA de transaction par jour (30 millions d’euros). L’Etat a décidé de profiter de ce boom économique en instaurant une taxe de 7,2% sur les transactions monétaires aux opérateurs de téléphonie : Orange, Atlantique Télécom et MTN, les leaders. La polémique enfle désormais quant à la répercussion, ou pas, sur les tarifs pratiqués.

Car la transparence est toute relative sur la facturation des services. Ainsi MTN assure sur son site internet que l’ouverture d’un compte Mobile Money est gratuite. En revanche, rien n’est dit sur le coût des transactions ou des transferts d’argent. Selon un site spécialisé, les frais des transferts d'argent nationaux varieraient en fait de 5 FCFA à 1,5 million de FCFA selon les montants.

Chez Orange, le paiement d’une facture via téléphone est taxé entre 100 et 200 francs CFA en moyenne. Un achat payé par téléphone entraîne une commission allant de 1 à 2%. Le français propose les transferts d'argent nationaux (de 200 à 500 000 FCFA) avec des frais variant de 50 à 2500 FCFA (0,07 à 3,8 euros).

Poule aux oeufs d'or

Aussi, les associations de défense des consommateurs s’inquiètent d’une possible compensation de la part des fournisseurs d’accès à cette nouvelle taxe. "Cette décision est un mauvais signal pour le coût de la vie en général", estime Jean-Baptiste Koffi de la Confédération des consommateurs de Côte d’Ivoire (COC-CI). Il réclame la "suppression pure et simple de cette taxe" afin que le secteur puisse poursuivre son évolution.

Un appel qui risque d’être peu entendu. Car la téléphonie fait figure de vache à lait fiscale en Côte d’Ivoire. Selon L'Union nationale des entreprises de télécommunications (Unetel), la contribution du secteur des télécommunications à l’économie ivoirienne est de 6% du PIB. Comptant parmi les plus gros contribuables, les télécoms représentent 11% des recettes fiscales de l’Etat.